‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 34 sur 333 · Mémoires de Marraontel · texte numérisé non relu

Mémoires de Marraontel

« M. de Voltaire ne m'a point écrit, mande-t-il assez aigrement, à Vernes; il me met tout à fait à mon aise et je n'en suis pas fâché*. »

La Lettre de Rousseau souleva à Paris les plus vives polémiques. Des gens de lettres, des comédiens, s'empressèrent de la réfuter, Marmonlel lui-même se jeta dans l'arène :

a Votre ouvrage a eu un plein succès, écrit Mme de Créqui à Rousseau; M. deMarmontel vous réfute en ne vous répondant point. Les femmes sont un peu furieuses. Laissez dire tous ces oisons-là et pensez que jamais vous ne donnez quatre lignes qu'elles ne fassent sensation-. »

D'Alembert, bien qu'il fût à peu près hors du débat puisqu'il n'était pas auteur dramatique et que Rousseau ne se fût attaqué qu'à un paragraphe infime de l'article Genève, crut de son honneur de relever le gant dans une Lettre à M. J.-J. Rousseau, citoyen de Genève.

« Quelle misère qu'un tel livre pour un homme tel que d'Alembert, mande Monltou A Jean-Jacques, mais que peuton, quand on combat l'évidence même et que l'on défend un ouvrage auquel on ne prend qu'un intérêt forcé...? Les Genevois se sont récriés contre la peinture que vous avez faite de leurs mœurs, dit M. d'Alembert. Mais de quels Genevois parle-t-il? des philosophes de Saint-Jean^? des

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