‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 36 sur 333 · Janvier 17G · texte numérisé non relu

Janvier 17G

qu'il arrivera infailliblement que les prêtres de Baal dans trente ou quarante ans d'ici voudront me faire brûler comme Servet et Antoine, et que je veux être en état de les faire pendre aux créneaux de mes châteaux. »

Pour se venger de ces prêtres intolérants, il entreprit contre eux sur cette question du théâtre une lutte qui dura plus de vingt ans! lutte qui, après des alternatives de succès et de revers, finit par son triomphe complet*.

Dès qu'il connut la réponse de d'Alembert, il s'empressa de lui écrire :

<( Vous avez daigné accabler ce fou de Jean-Jacques par des raisons, et moi je fais comme celui qui, pour toute réponse à des arguments contre le mouvement, se mit à marcher. Jean-Jacques démontre qu'un théâtre ne peut convenir à Genève, et moi j'en bâtis ^. »

i. Voltaire ne. pardonna jamais aux Prédicants les tracasseries qu'ils lui avaient fait éprouver. Dans la Guerre de Genève il a fait de la Rome protestante ce portrait peu flatté :

An pied d'un mont que les temps ont pelé, Sur le rivage où, roulant sa belle onde. Le Rliône échappe à sa prison profonde. Et court au loin par la Saône appelé, On voit briller la cité genevoise, Noble cité, riche, fière et sournoise; On y calcule et jamais on n'y rit.

L'art de Barème est le seul qui fleurit . On hait le bal, on hait la comédie; I)u grand Rameau l'on ignore les airs.

Pour tout plaisir Genève psalmodie Du bon David les antiques concerts, Croyant que Dieu se plait aux mauvais vers Des j)rédicants la morne et dure espèce Sur tous les fronts y grave la tristesse.

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