‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 38 sur 333 · Streckeisen-Moultou · texte numérisé non relu

Streckeisen-Moultou

se trouvaient les pasteurs, se plaignait liautement du trouble qu'il apportait dans la République par ses représentations et ses fêtes continuelles. Les ministres étaient d'autant plus irrités que depuis longtemps déjà ils voyaient Genève, de plus en plus envahie par l'esprit du siècle, leur échapper, et le point d'appui que les partisans des idées nouvelles trouvaient aux Délices était pour eux un sujet de continuel effroi. Ils croyaient sincèrement, parait-il, que Voltaire voulait démoraliser Genève, y détruire le chrislianisme, et « faire fleurir l'esprit du temps sur les débris de la morale du réformateur'. »

11 serait temps cependant de relever cette accusation si souvent formulée contre Voltaire et d'examiner dans quelle mesure le patriarche a véritablement corrompu les mœurs de la cité de Calvin.

Jean-Jacques, dans sa Lettre, avait porté aux nues les mœurs de ses concitoyens, et fait en même temps un grand éloge des cercles où ils se réunissaient le soir.

(( Oh! que vous changeriez de ton, lui écrivait le docteur Tronchin, si vous voyiez tout ce que je vois, et si de sages pasteurs vous disaient comme ils me le disent tous les jours que les mœurs de notre peuple dépérissent à vue d'œil! Genève ne ressemble pas plus à Sparte que les gantelets d'un athlète ne ressemblent aux gants blancs d'une fille de rOpéra-. »

Et il lui parlail de la licence qui légnait dans la ville

\. Gaberel, Ilousseau cl les Gcnevoin.

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