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cl (loiil on n'avail pus 1 idir. Ces cercles, dont Jean- Jacques parle si avantageusement, sont la porte des familles. Les pères y jouent, boivent' et fument dei)uis quatre heures jusqu'à huit et souvent même plus tard. Les enfants abandonnés à eux-mêmes « se livrent à toutes leurs passions naissantes, et couvrent de l'ombre de la nuit des habitudes déréglées, souvent même criminelles-. »
Moultou u'écrivait-il pas de son coté :
« Il y a cependant encore des mœurs parmi nous, mais ce n'est pas chez le plus grand nombre. Les riches, depuis longtemps corrompus, ont commencé à corrompre les pauvres en les avilissant; les vertus ne sont que dans la classe des hommes médiocres, parce que ce n'est que là que peuvent être les vertus des républicains. Nos Lucullus et nos Apicius ont enfin produit des Atticus, et la nouvelle célébrité"' que nous avons acquise, se joignant à la décadence de nos principes et de nos mœurs, ne nous offre dans l'avenir que d'affligeantes perspectives^
1. Dans sa Lcltre sur les spectacles, Rousseau se reonti'e fort tolérant pour le goût de la boisson.
2. Tronchin à Rousseau (1738). Streckeisen-Moultou. Près de dix ans auparavant, le Consistoire avait adressé au Magnifique Conseil, au sujet des cercles, une représentation disant : « Que le mal va croissant depuis trente à quarante ans; qu'il y a actuellement plus de cinquante ctrcles, tant dans la ville que dans la banlieue, que s'il y a des cercles de gens de mérite, il y en a d'artisans de bas étage, d'autres où il n'y a que des enfants mineurs, qu'on y boit et mange, qu'on y joue aux cartes, qu'on y perd le temps et même les nuits, qu'on y puise l'esprit de dissipation, d oisiveté et d'irréligion, que les femmes et les filles sont poussées par l'abandon où on les laisse à faire des sociétés entre elles, où régne aussi l'esprit de dissipation, etc. » (Extrait des registres du Consistoire, recueil Cramer.)