Streckeisen Moulton
3. Le 24 juin, c'est-à-dire le lendemain même du jour Où l'autol'isation était accordée, M. de la Tour, gendre de M. Guérin, se présenta chez l'abbé Trublet pour lui emprunter la feuille de Formey qui devait servir de texte pour l'impi-ession. Comme marque de sa mission, M. de la Tour montrait une lettre de Rousseau à Guérin le chargeant de se rendre chez l'abbé et de lui emprunter son exemplaire. L'abbé, qui ignorait l'ardeur qu'apportait Rousseau en cette affaire et qui n'avait pas reçu de réponse
M. Rousseau à M. de Vollaire, el un morceau extrait de IMalon ])ai' le nièuie auteur sur l'iniilalion théâtrale. » i' A Paris, ce 25 juin.
K De Lamoignon de Malesiierbes*.
Ainsi, c'est le 17 juin que Rousseau s'engage par écrit à faire tous ses clïbrts pour empêcher l'impression, et c'est le 25 qu'il obtient l'autorisation d'imprimer. En six jours il a l'ait toutes les démarches, sollicité M. de Malesherbes, trouvé l'imprimeur, évité le censeur : on n'a pas exemple d'une pareille précipitation pour manquer à sa parole.
Il est probable qu'en prenant connaissance de la Lellre sur la Providence M. de Malesherbes s'aperçut que si elle était fort édifiante comparée au poème de Voltaire, elle risquait fort de ne pas paraître aux yeux de la Sorbonne d'une orthodoxie suffisante; en effet, l'autorisation accordée si précipitamment fut révoquée, et en marge on peut lire cette mention :
« Cet ordre n'a pas reçu d'exécution, M. Guérin est convenu et M. Rousseau aussi que la lettre ne pouvait pas être imprimée en France-. »
à sa leUre du 21, crut prudent d'attendre et il refusa de se dessaisir de son exemplaire. Aussitôt il reçut « une lettre peu honnête et peu raisonnable » où Jean-Jacques lui reprochait amèrement sa conduite. Trublcf, qui n'avait agi que par prudence, s'empressa de satisfaire son irritable correspondant.