Vollaire à Mme d'Épinay, Ferney, 19 février
2. Incdile, G avril 1771. — Ribliothèque nat'onale. Mss., f. Fr. nouv. acq. , 2778
VOI,TAir,E ET .F. J. ROUSSEAU 137
(lu mal : sa vossio le fait soii(Trir et il s'en prend à qui il peut. Pi'ions Dieu qu'il conserve la m'itre^ »
Mais que pcnse-t-on à Forncy du nouvel ouvrage? Quelle impression y a-t-il produit? On l'a lu, Voltaire nous le dit :
« l'oint de roman de Jean-Jacques s'il vousplaîl; je l'ai lu pour mon malheur, et c'eût été pour le sien si j'avais le temps de dire ce que je pense de cet impertinent ouvraj^e. Mais un cultivateur, un maçon, et le précepteur de Mlle Corneille-, et le vengeur d'une famille accablée par des prêtres^, n'a pas le temps de parler de romans*'. »
Et pour montrer le peu de cas qu'il fait de la Nouvelle Héloïse, le patriarche la met sans cesse en parallèle avec Daïra, ce pitoyable roman de la Popelinicre. « La Nouvelle Iléloïse et Daïra m'ont fait relire Zaïde », écrit-il à Damilaville. « Mes anges sont-ils absorbés dans la lecture du roman de Jean-Jacques ou de celui de la Popelinière? » mande-t-il aux d'Argental^.
Il était cependant bien tentant de jeter le ridicule sur l'œuvre d'un ennemi, et Voltaire, en dépit de ses occupations, n'y résista pas. Bientôt part deFerney une assez vive satire contre le nouvel ouvrage, les Lettres sur la
i. 51 octobre 1701.
2. Voltaire venait d'adopter Mlle Corneille et s'occupait beaucoup de son éducation.