‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 7 sur 333 · Mémoireu de Mme d'Epinay · texte numérisé non relu

Mémoireu de Mme d'Epinay

VOLTAIKE ET J.-J. UUUSSEAU 13

qiiaiont coinplèleinenl. H;n)j)elanl ses souvenirs des Cliaiiiictles, l'auteur des Confessions dit en cliet :

« Rien de tout ce qu'écrivait Voltaire ne nous échappait. Le goût que je pris à ces lectures m'inspira le désir d'apprendre à écrire avec élégance et de tâcher à imiter le hoau coloris de cet auteur, dont j'étais enchanté. Quelque temps après parurent ses Lettres pluluso])lii(jiies. Oiioiqu'elles ne soient assurément pas son meilleur ouvrage, ce fut celui qui m'attira le plus vers l'étude, et ce goût naissant ne s'éteignit plus depuis ce temps-là'. »

Les tragédies de Yoltaire avaient même le don de le troubler profondément. A une représentation d\ihire, il est ému « jusqu'à en perdre la respiration », et il sort avec des palpitations violentes, dont il est plusieurs jours malade. « Pourquoi, s'écrie-t-il, y at-il des cœurs si sensibles au grand, au sublime, au pathétique'! »

En 1749, l'Académie de Dijon met au concours celle question : « Le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer ou à corrompre les mœurs? »

Rousseau s'enthousiasme du sujet et veut le traiter. Tl consulte Diderot.

« Quel parti prendrez-vous, lui dit le philosophe?

— Le parti de l'affirmative.

— C'est le pont aux ânes, reprend Diderot, tous les talents médiocres prendront ce chemin-là, et vous n'y

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