Manuscrits de Neiifchàfel
succès, car vous demandez des réformes auxquelles nous n'avons garde de souscrire. Quoi, des personnes aussi savantes que nous, théologiennes, politiques, bel esprit, seront obligées de s'occuper de leurs devoirs respectifs? Oh, Monsieur ! je vous en souhaite....' »
On peut s'étonner que personne n'ait relevé l'étrange contradiction qui faisait écrire sur l'éducation l'homme qui y paraissait le moins propre. N'était-il pas révoltant de voir le père qui avait déposé gaillardemenl ses cinq enfants à l'hôpital, flageller les parents qui ne s'occupaient pas assez de leurs enfants, qui les mettaient en nourrice, et leur reprocher avec des accents indignés cette coupable indifférence'! Et quand cet austère censeur poussait cette douloureuse exclamation : « Pauvres enfants de notre siècle! façonnés au dehors par les nourrices, et plus tard, au dedans par les philosophes! » comment ne lui jetait-on pas à la face qu'il valait encore mieux être façonné par les nourrices, voire môme par les philosophes, qu'abandonné par un père dénaturé!
C'est qu'à cette époque, à part la maréchale de Luxembourg et trois ou quatre amis intimes, qui, on se le rappelle, se trouvèrent forcément mis dans le secret,