‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 94 sur 333 · Streckeisen-Moultou · texte numérisé non relu

Streckeisen-Moultou

2. Lamartine a écrit à ce sujet : a Or, pendant que Rousseau accomplissait ces exécutions presque infanticides, il écrivait, avec une affectation de sensibilité digne d'un Tartufe d'humanité, des malédictions fausses sur le crime des mères qui n'allaitent pas elles mêmes leurs enfants! Le luit de l'hôpital et le vagabondage de l'enfant sans père et sans mère lui paraissaient-ils donc plus sains et plus purs que le sein maternel de Thérèse? »

VOTTAIRE ET J.-J. ROUSSEAU 1S7

loul le moiule ignorait encore l'indigne conduilc du citoyen de Genève.

Jean-Jacques comprenait-il enfin l'énormité de sa fante? On pourrait le croire quand on lit dans VÉmile :

« Celui qui no pout remplir les devoirs de père n'a pas le droit de le devenir. Il n'y a ni pauvreté, ni travaux, ni respect humain qui le dispensent de nourrir ses enfants et de les élever lui-même. Lecteurs, vous pouvez m'en croire ; je prédis à quiconque a des entrailles et néglige de si saints devoirs, qu'il versera longtemps sur sa faute des larmes amères et n'en sera jamais consolé'. »

Mais celle phrase, ces remords ne furent inlelligibles que pour quelques initiés, le public n'en put saisir le véritable sens. Du reste ces tardifs regrets n'étaient pas sincères, ils ne figurpient là que pour les besoins de la cause et pour parer à une indiscrétion toujours à redouter. Dans les dernières années de sa vie le philosophe a non seulement approuvé sa conduite, mais il en a fait l'éloge et il a osé écrire : « Je savais que l'éducation pour mes enfants la moins périlleuse était celle des Enfants-Trouvés et je les y mis. Je le ferais encore, avec bien moins de doute possible, si la chose était à faire, et je sais bien que nul père n'est plus tendre que je ne l'aurais été pour eux pour peu que l'habitude eût aidé la nature^ » Puissent les enfants être toujours à l'abri de pères aussi tendres!

Dans la Profession de foi du vicaire savoyard, Rous-

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