promenade du rêveur solitaire
188 YOLTAIUE ET J.-J. ROUSSEAU
seau lance une protestation indignée contre la philosophie incrédule des encyclopédistes.
« Je suis enthousiasmé de tout ce qu'il écrit pour prouver qu'il y a un Dieu, disait M. de Monclar à Moultou, et je connais assez mon siècle pour savoir le meilleur gré à M. Rousseau de la profession ouverte de cette croyance et de la persévérance à enseigner qu'il y a un bien et un mal moral. Hélas! s'il avait voulu être athée, il aurait beaucoup plus de partisans'. »
Et cependant les théories religieuses et politiques de Jean-Jacques allaient lui attirer de la part du gouvernement et du clergé une véritable persécution. Si son ouvrage en effet parut religieux aux yeux des philosophes et par cela même souleva leurs colères, aux yeux des hommes religieux ce fut une œuvre impie et contre laquelle on ne pouvait trop sévir.
En France, le moment était mal choisi pour une publication de cette nature. On allait expulser les jésuitcs% et les jansénistes, pour donner une preuve de leur zèle et se montrer aussi bons chrétiens que leurs ennemis, redoublaient de sévérité contre les auteurs qui s'attaquaient à la religion''.