‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 98 sur 333 · juin 1702. — Stre«keisen-Moultou · texte numérisé non relu

juin 1702. — Stre«keisen-Moultou

En lisant ces lignes, on peut se rendre compte de l'état d'exaltation des amis de Rousseau. Mais leurs terreurs étaient superflues; au moment où ils le conjuraient de chercher son salut dans la fuite, il se trouvait déjà hors de France et en sûreté.

Ce que l'on prévoyait s'était produit : le parlement qui, le 8 juillet 1761, avait condamné plusieurs ouvrages des jésuites à être brûlés par la main du bourreau, crut devoir, par un juste système d'équilibre, accorder la même faveur à V Emile. Il déclara que l'ouvrage ayant été imprimé dans le royaume, sans approbation ni permission, ce qui était notoire malgré les dénégations du philosophe, il tombait ainsi que l'auteur sous sa juridiction. Le jugement ne pouvait être douteux, Rousseau ayant vivement pris à partie J a religion catholique et ayant eu surtout pour but de Y attaquer et d'en détruire les dogmes intolérants et sanguinaires \

Voici en quels termes s'exprime l'arrêt du parlement du9juinl762 :

« Ce jour, les gens du Roi sont entrés, et M"" Orner Joly de Fleury, avocat dudil Seigneur Roi, portant la parole, ont dit : « Qu'ils déféraient à la cour un imprimé en quatre vo- « hunes in-8o, intitulé Emile, ou de VÉducalion, par Jean- (( Jacques Rousseau, citoyen de Genève, dit imprimé à (( la Haye en 17G2. »

(( Que cet ouvrage ne paraît composé que dans la vue de ramener tout à la religion naturelle..., que conséquemment à ce système..., il ose essayer de détruire la vérité de

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