‹ Voltaire et l'intolérance religieuseChapitre 8 sur 29 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Alzire et Maho?nef.

Les deux pièces dont nous allons parler furent composées à l'époque où leur auteur vivait auprès de M"'^ du Châtelet, la première est antérieure à 1735, la seconde à 1741. Les rapprochements que l'on peut faire entre elles nous ont engagé à les réunir ici.

Dans la préface d'Al;;^ire, Voltaire, en trois lignes, expose quels sont selon lui les caractères de la vraie religion: « regarder tous les hommes comme ses frères, leur faire du bien et leur pardonner le mal ^ » et il ajoute: « On trouvera dans presque tous mes écrits... le désir du bonheur des hommes, l'horreur de l'injustice et de l'oppression -. »

» L'amour du genre humain qu'il a toujours eu dans le cœur... et qui fait son caractère ^ » lui inspire les deux tragédies: Al:^ire et Mahomet.

Elles sont comme la contre-partie l'une de l'autre. Al:(ire est une prédication sur ce texte: « Errer est d'un mortel, pardonner est divin*; » Mahomet « un sermon contre les maximes infernales qui ont mis le couteau à la main des Poltrot, des Ravaillac, et des Châtel ^. »

Dans Al:(ire, Alvarez, ancien gouverneur du Pérou, défend contre son fils Gusman la cause de la tolérance religieuse et de l'amour du prochain. Lorsque Gusman plein

* 2, 297. Alzire. Discours préliminaire, 1736. — ^ Ibidem. — ^ 32, 403. Au prince royal de Prusse. 24 août 1736. — ^ 2. 294. Alzire. Citation de Pope. — ^ 34» 318- -^ d'Argental. Bruxelles, novembre 1742.

d'un zèle fanatique dit à son père en parlant des Péruviens païens :

Commandons aux cœurs mêmes et forçons les esprits.

Je veux que ces mortels, esclaves de ma loi, *^ Tremblent sous un seul Dieu, comme sous un seul roi ^

Alvarez lui répond:

Ecoutez-moi, mon fils ; plus que vous je désire

Qu'ici la vérité fonde un nouvel empire,

Que le ciel et l'Espagne y soient sans ennemis ;

Mais les coeurs opprimés ne sont jamais soumis.

J'en ai gagné plus d'un, je n'ai forcé personne ;

Et le vrai Dieu, mon fils, est un Dieu qui pardonne *.

Grâce à son esprit charitable, paisible et tolérant, Alvarez a converti au christianisme Montèze, un prince du Pérou et sa fille Alzire.

Montèze rend au vieillard ce beau témoignage :

De tes concitoyens la race impitoyable

Aurait rendu comme eux leur Dieu même haïsable:

Nous détestons ce Dieu qu'annonça leur fureur ;

Nous l'aimons dans toi seul, il s'est peint dans ton coeur

Voilà ce qui te donne et Montèze et ma fille '^.

Chez Alvarez, la persévérance chrétienne est si forte qu'il parvient à convertir son fils à la religion du pardon et de la charité. Gusman doit épouser Alzire, mais Zamore, un prince païen qui aime aussi la jeune fille, frappe son rival d'un coup mortel *. Gusman, avant d'expirer, adresse à son ennemi ces généreuses paroles:

Je ne me suis connu qu'au bout de ma carrière ; J'ai fait, jusqu'au moment qui me plonge au cercueil, Gémir l'humanité du poids de mon orgueil.

* 2, 303, 304. Alsirt. Acte I, scène I. — '^ a, 304. Idem. Acte I, scène I. — •' 2, 305. Idem. Acte I, scène II. — * a, 333. Idtm. Acte V, scène I.

— A3 — Le ciel venge la terre: il est juste; et ma vie Ne peut payer le sang dont ma main s'est rougie. Le bonheur m'aveugla, la mort m'a détrompé. Je pardonne à la main par qui Dieu m'a frappé. J'étais maître en ces lieux, seul j'y commande encore: Seul je puis faire grâce, et la fais à Zamore. Vis, superbe eimemi, sois libre, et te souvien Quel fut, et le devoir, et la mort d'un chrétien.

Des Dieux que nous servons connais la différence : Les tiens t'ont commandé le meurtre et la vengeance; El le mien, quand ton bras vient de m'assassiner. M'ordonne de te plaindre et de le pardonnera

Enfin dernier triomphe de l'esprit chrétien, Zamore lui même se convertit:

Je demeure immobile, égaré, confondu.

Quoi donc, les vrais chrétiens auraient tant de vertu !

Ah! la loi qui t'oblige à cet effort suprême,

Je commence à le croire, est la loi d'un Dieu même *.

Nous comprenons le grand succès qu'eut cette pièce jouée le 27 janvier 1736 ''^. Elle était d'une inspiration noble, saine et élevée. En voyant à l'œuvre leurs prêtres et leurs abbés, les contemporains de Voltaire n'avaient pas souvent l'occasion de comprendre que la religion du Christ est avant tout celle de l'amour et de la liberté, et qu'elle condamne toute persécution. Vu les moeurs de l'époque, peut être le poète disait-il plus vrai qu'il ne pensait lui même, lorsqu'il écrivait à d'Argental: « Raillerie à part, je suis persuadé que la religion fait plus d'effet sur le peuple au théâtre, quand elle est mise en beaux vers, qu'à l'église où elle ne se montre qu'avec du latin de cuisine *. »

Le père de Gusman, ce vieillard au cœur si généreux,

' 2,339. Ideui.kcic V, scène VIL — '2,339.340. Idem. Acte V, scène VIL — ' Dnt. Vol. II, 84. — ^ 3a, 374. A d'Argental. 4 janvier 1735.

devait gagner la sympathie des spectateurs et leur faire aimer la tolérance religieuse si rare au dix-huitième siècle.

Autant Alvarez était attrayant, autant Mahomet, type du fanatisme et de l'esprit persécuteur, devait produire une impression repoussante.

L'amour que Voltaire professe si haut pour l'humanité lui fait désirer pour les hommes un bonheur tout terrestre. Il voudrait que tous ses semblables fussent à l'abri de la faim, de la soif, de la douleur physique et morale: de là sa haine contre le fanatisme et la persécution, causes de tant de souffrances. Cette haine, il veut l'inspirer à ses contemporains et pour la leur prêcher il ne croit pas pouvoir trouver une tribune meilleure que le théâtre.

Les lettres de Voltaire nous font voir le zèle et l'entrain avec lesquels il compose sa nouvelle tragédie : « J'ai quelque chose de beau dans la tête ^, » écrit-il à d'Argental, le 6 février 1739, et à partir de cette époque, il est très souvent question de Mahomet dans sa correspondance. Avec une grande sollicitude, pendant des mois, il a « retaillé, recoupé, relimé, raboté, rebrodé- » sa pièce; il estime que ce sera « sans aucune comparaison, ce qu'il aura fait de mieux ^, » il va même jusqu'à la comparer à l'un des plus célèbres chefs-d'œuvre de Molière et il l'appelle: « Tartufe le Grand K »

Il n'y a pas à en douter, en s'attaquant à Mahomet, c'est bien le fanatisme catholique que Voltaire veut frapper. Pour s'en convaincre, on n'a qu'à lire la lettre qu'il adressait en décembre 1740 au roi de Prusse; en voici quelques fragments :

* 33, 381. A d'Argental. 6 lévrier 1739. — * 34, 273. A de Cideville. A Gra}', 19 janvier 1742. — ' 34, 137. A d'Argcnial. Bruxelles, 12 juillet 1740. ~ ' 34. 302. A de Cideville. Bruxelles, i" septembre 1742.

« Votre majesté sait quel esprit m'animait en composant cet ouvrage ; l'amour du genre humain et l'horreur du fanatisme.... J'ai toujours pensé que la tragédie ne doit pas être un simple spectacle qui touche le cœur sans le corriger. Qu'importent au genre humain les passions et les malheurs d'un héros de l'antiquité, s'ils ne servent pas à nous instruire?...

... Ceux qui diront... qu'on ne verra plus de Barcochebas, de Mahomet, de Jean de Leyde, etc; que les flammes des guerres de religion sont éteintes, font, ce me semble, trop d'honneur à la nature humaine. Le même poison subsiste encore, quoique moins développé; cette peste, qui semble étouffée, reproduit de temps en temps des germes capables d'infecter la terre. N'a-t-on pas vu de nos jours les prophètes des Cévennes tuer, au nom de Dieu, ceux de leur secte qui n'étaient pas assez soumis?.... J'ai été presque témoin, en Angleterre, de ce que peut sur une imagination jeune et faible la force du fanatisme. Un enfant de seize ans, nommé Shepherd, se chargea d'assassiner le roi George P'. Quelle était la cause qui le portait à cette frénésie ? c'était uniquement que Shepherd n'était pas de la même religion que le roi. On eut pitié de sa jeunesse, on lui offrit sa grâce, on le sollicita longtemps au repentir; il persista toujours à dire qu'il valait mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et que, s'il était libre, le premier usage qu'il ferait de sa liberté serait de tuer son prince. Ainsi on fut obligé de l'envoyer au supplice, comme un monstre qu'on désespérait d'apprivoiser.

J'ose dire que quiconque a un peu vécu avec les hommes a pu voir quelquefois combien aisément on est prêt à sacrifier la nature cà la superstition. Que de pères ont détesté et déshérité leurs enfants! que de frères ont poursuivi leurs

frères par ce funeste principe ! J'en ai vu des exemples dans plus d'une famille.

Si la superstition ne se signale pas toujours par ces excès qui sont comptés dans l'histoire des crimes, elle fait dans la société tous les petits maux innombrables et journaliers qu'elle peut faire. Elle désunit les amis; elle divise les parents; elle persécute le sage, qui n'est qu'homme de bien, par la main du fou, qui est enthousiaste.... En vain la raison humaine se perfectionne par la philosophie, qui fait tant de progrès en Europe;... on voit dans ce même siècle, où la raison élève son trône d'un côté, le plus absurde fanatisme dresser ses autels de l'autre....

Je me croirai bien récompensé de mon travail si quelqu'une de ces âmes faibles, toujours prêtes à recevoir les impressions d'une fureur étrangère qui n'est pas au fond de leur cœur, peut s'affermir contre ces funestes séductions par la lecture de cet ouvrage; si, après avoir eu en horreur la malheureuse obéissance de Séide, elle se dit à elle-même : « Pourquoi obéirais-je en aveugle à des aveugles qui me crient: « Haïssez, persécutez, perdez celui qui est assez téméraire pour n'être pas de notre avis sur des choses même indifférentes que nous n'entendons pas? Que ne puis-je servir à déraciner de tels sentiments chez les hommes! L'esprit d'indulgence ferait des frères; celui d'intolérance peut former des monstres ^ »

Sans doute Voltaire était habile en choisissant comme héros de sa pièce un personnage aussi connu que Mahomet. Le nom même de ce grand homme devait attirer l'intérêt sur son œuvre. En peignant sous les traits les plus sombres cet ennemi héréditaire des chrétiens, il donnait le change aux dévots sur ses réelles intentions. D'autre part, il ne

^ 34, 189 à 192. A Frédéric IL Décembre 1740.

pouvait pas faire du fondateur de l'islamisme un « Tartufe les armes à la main * » sans blesser le respect dû à la vérité historique. Pour composer sa pièce, outre Sale^ qu'il cite, Voltaire avait peut-être consulté le Dictionnaire de Bayle et une biographie de Mahomet par Prideaux mentionnée dans cet ouvrage. Comme Prideaux, Bayle fait du prophète un imposteur et un ambitieux ^.

En cela Voltaire semble suivre les traces de ce philosophe, mais, tandis que Bayle déclare « qu'il ne faut point fomenter la haine du mal en le décrivant plus noir et plus haïssable qu'il ne l'est effectivement*, » et « qu'il ne faut jamais imputer aux gens ce qu'ils n'ont point fait^, » l'auteur du Fanatisme pense tout autrement et affirme que Mahomet, qui a pris les armes au nom de Dieu contre son pays, « est capable de tout ^, » et peut donc être chargé des crimes les plus atroces. Ajoutons que Voltaire se repentit plus tard d'avoir peint le prophète « beaucoup plus méchant "^ » qu'il ne le fut, mais qu'il s'excusait en alléguant le goût des spectateurs et les nécessités de la scène.

Voici en quelques mots l'analyse de la pièce : Mahomet est sur le point de se rendre maître de la Mecque, un seul homme lui résiste, c'est Zopire. Le prophète décide la perte

' Ibidem. — ^ Ibidem. — ' Bayle. Dictionnaire. Mahomet. Vol. III, 258 et 271.

Les jugements des historiens modernes ne sont pas d'accord là-dessus. Barthélémy Saint-Hilaire voit en Mahomet un homme sincère ; de Rémusat et Renan font de lui un imposteur; Weill, Irving et Scherer estiment qu'il aurait avec le temps perdu sa foi et continué son œuvre par la volonté et la réflexion. Voltaire, au chapitre VI de VEssai sur les maurs, défendait ce dernier point de vue. Grand dictionnaire Larousse. Coran. Scherer. Etudes sur la littérature contemporaine. Vol. III, 233. * Bayle. Dictionnaire. Mahomet. Vol. II F, 272. — •'' Idem. Page 258. — ^ 34, 19a. Au roi de Prusse. Décembre 1749. — " 30, 198. Commentaire historique. 1776.

de cet adversaire. Il a en son pouvoir le fils de Zopire, Séide, et sa fille Palmire, dont il voudrait faire son épouse. Les deux enfants de son ennemi ne connaissent pas leur père et ignorent qu'ils sont frère et sœur.

Comme Séide est entièrement dévoué aux ordres du prophète, il est désigné pour tuer Zopire. Il le frappe mortellement, après avoir reçu la promesse que Palmire qu'il aime sera le prix de ce meurtre.

Zopire a su par Hercide, le ravisseur de ses enfants, que Séide et Palmire étaient son fils et sa fille. Il se fait reconnaître à eux peu avant de mourir. Séide ne pense plus qu'à venger la mort de son père, mais au moment où il va frapper le prophète, il meurt empoisonné par lui. Quant à Palmire, elle se donne la mort plutôt que d'épouser Mahomet.

Le prophète fait croire au peuple révolté contre lui que c'est Dieu qui a frappé Séide; il regagne ainsi la confiance de la foule. Bien loin qu'il ait quelques remords, sa principale préoccupation est de sauver sa gloire et de tromper jusqu'au bout ses adeptes.

Pour rendre Mahomet odieux. Voltaire, dans sa pièce, le peint comme un tyran sensuel, hypocrite, menteur, ambitieux et cruel chez lequel on ne saurait trouver quelque instinct de probité, de justice ou de bonté. Il n'a plus rien d'humain, c'est un monstre, comme Voltaire se plait à l'appeler cinq fois au moins dans sa tragédie; une sorte d'être imaginaire sorti tout d'une pièce de la raison du poète. C'est surtout en pensant au prophète qu'on peut trouver juste le jugement que Voltaire portait sur son œuvre entière quand il disait: « C'est du gros vin ^ »

Ce qui enlève une grande part d'intérêt au personnage de

* Nisard. Histoire de la littirature fratiçaise. Vol. IV, 193.

Mahomet dans la tragédie de Voltaire, c'est qu'il n'a pas même la sincérité dans le lanatisme. Voici comment il parle de sa religion et de son œuvre:

Ou véritable ou faux, mon culte est nécessaire ^ Mon triomphe en tout temps est fondé sur l'erreur ^ Les préjugés, ami, sont les rois du vulgaire ^.

Tout autres sont les pensées qui animent Séide. Jeune encore, « au cœur docile * » et « à l'esprit crédule '\ » « aveugle avec courage ^, » il est bien le type de ces hommes qui, dépourvus de toute instruction et de toute réflexion, fanatisés par un chef religieux sont prêts à tous les crimes. L'enthousiasme qu'il a pour Mahomet et pour ses ordres n'a pas tué dans son âme la voix des sentiments naturels et humains. On sent encore vibrer chez lui le cœur d'un homme. Il croit être appelé par le prophète à un combat dans lequel il pourra faire briller son courage, mais, quand il connaît le crime infâme et lâche qu'on exige de lui, son sentiment intime se révolte.

Un mortel venger Dieu "^ !

Immoler un vieillard de qui je suis l'otage, Sans armes, sans défense, appesanti par l'âge ^ !

et lorsque Zopire lui adresse ces paroles :

Mais peux tu croire un Dieu qui commande la haine?

le jeune homme répond:

Ah! je sens qu'à ce Dieu je vais désobéir;

Non, seigneur, non; mon cœur ne saurait vous haïr".

La peinture des luttes violentes, des angoisses par lesquelles Séide passe avant de se décider au meurtre est la

^ 3, 208. Mahomet. Acte II, scène V. — - 3, 221. Iihiti. Acte IV, scène I. — ^ 3, 205. Idem. Acte II, scène IV. — ^ Ibidem. — ' Ibidem. — <5 3, 211. Mahomet. Acte II, scène VI. — " 3, 216. Idem. Acte III, scène VI. — 8 3, 217. Idem. Acte III, scène VII. — *3, 218. Idem. Acte III, scène VIII.

partie la plus intéressante de la pièce. Revenu de son égarement, affranchi de la domination tyrannique du prophète, il exprime ainsi sa douleur et son indignation contre son propre aveuglement:

L'amour de mon devoir et de ma nation,

Et ma reconnaissance, et ma religion ;

Tout ce que les humains ont de plus respectable

M'inspira des forfaits le plus abominable ^.

Voilà des vers qui devaient ouvrir les yeux de ces âmes faibles dont parlait Voltaire dans sa lettre à Frédéric.

Une première représentation de Mahomet eut lieu à Lille au mois d'avril 1741. Le poète et les acteurs obtinrent un grand succès *. A Paris, la pièce jouée au mois d'août 1742 fut très discutée ^. Après trois représentations, sur l'ordre du lieutenant général de police, Voltaire dut retirer sa tragédie déférée par l'abbé Desfontaines au procureur général comme hostile à la religion chrétienne *. Un mois n'était pas écoulé que Voltaire avait déjà pris le parti de jouer à ses adversaires le mauvais tour qui devait favoriser son entrée à l'Académie : « Puisque me voilà la victime des jansénistes, écrivait-il à d'Argental, je dédierai Mahomet au pape, et je compte être évêque in partibiis infidelium, attendu que c'est là mon véritable diocèse ^. »

< 3, 229. Idetn. Acte IV, scène V. — - Dnt., Vol. II, 308. — ^ Ibidem. — * 34, 296. A de Marville, lieutenant général de police, 14 août 1742 ; 30, 198» Commentaire historique, 1776. — -' 34, 298. A d'Argental. 22 août 1742.

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