LE JUIF DÉCRÉTÉ
du 1er janvier, au ministre, M. de Bismarck, comme chef du tribunal suprême, pour solliciter l’arrestation d’Hirsch, qui fut, en effet, décrété le même jour. Toutefois, l’afFaire étant déjà pendante devant le chancelier, l’israélite obtint que la poursuite ultérieure fût abandonnée ; mais l’arrestation n’en fut pas moins maintenue, et ne cessa que devant caution. Les juges, chargés par un ordre du roi de vider cet étrange débat, étaient le baron Cocceji, alors grand chancelier, le président de Jariges, et le conseiller intime Leuper. L’on se doute bien que la plainte du demandeur et Exposé du procès , tel que nous l’a laissé Hirsch, devaient se coutredire en plus d’un point. D’après le récit du plaignant, c’est à la sollicitation du juif, et sur la promesse formelle d’une garantie suffisante, que le poète consent à se dessaisir de ses fonds, dont il lui sera d’ailleurs tenu compte selon le cours. Mais les garanties obligées ne venant point, alarmé à juste titre, il s’était empressé d’écrire à Paris pour arrêter le payement des lettres de change. A cela le juif répond qu’il n’a rien demandé ni sollicité; il reconnaît avoir reçu des prêts et du papier sur Paris , mais à la requête de M. de Voltaire, pour lui avoir des bons saxons en baisse alors de trente -cinq pour cent. Et voilà ce dont ce dernier ne pouvait convenir sans se compromettre grièvement aux yeux du roi, et ce qu’il devra nier jusqu’à la lin, sans parvenir à tromper personne. « Je voudrais qu’il vît, écrivait-il à Darget, le soir même du jugement, combien il est absurde que j’aie envoyé cet homme à Dresde; combien il est ridicule que je lui aie jamais promis une charge de joailler de la cou*