COLÈRE DU ROI
ronne1. » Mais les preuves morales étaient là, et les preuves matérielles également2 3; et, sur ce point, les juges, tout eu voulant écarter une question qu’ils n’avaient pas à débattre, ne semblent pas douter de la sincérité du juif. Il existerait même, aux archives prussiennes, une relation du conseiller intime Leuper, dans laquelle ces projets d’agiotage sont positivement affirmés.
Le roi de Prusse avait senti la gravité de telles démarches de la part d’un favori, et quels nouveaux sujets de plaintes elles pouvaient donner à la . cour de Saxe; etsa colère fut grande en apprenant que l’Apollon de la France était descendu de son empyrée pour tremper avec un juif dans ces tripotages. « Écrivez, dit-il furieux à Darget, que je veux que dans vingt-quatre heures il soit sorti de mes États. » Darget, tremblant, se fait répéter l’ordre; il laisse passer le premier emportement. a Sire, lui dit-il alors, vous l’avez appelé auprès de vous, la commission est sur le point de le juger. Si elle le trouve coupable, vous serez à temps de le renvoyer*. » Voltaire comprenait les embarras de la situation où il s’était mis, et était bien résolu à tout employer pour sortir de ce mauvais pasdu mieux qu’il pourrait. Il écrivait au roi : « Je suis très-affligé d’avoir un procès; mais s’il n’y a pas d’autre moyen d’avoir justice; si Hirschell veut abuser de ma facilité
1. Voltaire, OEuvres complètes (Beurhot), t. LVf p. 5 4 G. Lettre de Vollnirc à Darjrel; à Berlin, le 18 janvier, au soir, 1751.
2. Ferdinand Klein, Ainmlni drr Gesriitjclung (Berlin, Nicolaï, 1700): t. V, p 250, 2G0. Supplément au procès.