LE CHAPITRE DES APPOINTEMENTS
derait une pension de mille florins? Si vous trouvez, Sire, Cette pension trop considérable, vous pouvez la réduire à ce qu'il vous plaira, et je serai toujours uès-contenl. Ce n'est pas l'appât des bienfaits qui m'a amené à Berlin, mais la satisfaction de vivre sous un prince qui permet aux hommes de penser, et qui pense bien lui-méme.
Je supplie donc V. M. de vouloir me faire instruire de ce qu’elle voudra bien résoudre à mon sujet, puisque sa réponse doit régler l’étcnduo de ma dépense, et qu'il convient plus à un homme de lettres qu’à qui que ce soit de fuir le dérangement. De quelque manière que V. M. décide sur la pension que je lui demande, je serai toujours très-satisfait, et ne m’accordât-ello jamais aucune grâce, je serai également content d'avoir fait un voyage qui m’a procuré le bonheur de voir un prince véritablement digne décommander aux hommes *.
T.ela est bien différent de ton et ne ressemble en t ien à l’impertinente sommation qu’on lui prête. Frédéric répondit de la façon la plus obligeante, et renouvela ses promesses , tout en demandant quelque répit. « Quanta la pension dont je vous ai parlé, vous prendrez seulement patience jusqu'à l’année prochaine, car à présent, mes affaires de finance sont encore un peu dérangées, et il me faudra quelques mois pour les rétablir dans un ordre convenable *. » Quelque dérangées qu’elles fussent, il est difficile d’admettre que cela allât jusqu’à empêcher d’assurer, dès le présent, l’existence du pauvre d’Argens qui comptait sans doute sur toute autre chose qu’un ajournement. A la fin de décembre, sa pension était encore à régler, et notre marquis ayant cru devoir rafraîchir la mé-
1. Œuvres de Frédéric te Grand (Berlin, Preuts.), I. XIX, p. 7, 8.# Lettre de «l'Argent à Frédéric; Berlin, 1er août 1712.
2. Ibid., t. XIX. p. 8. Lettre Je Frédéric à d* Argent ; Cliarlottembourg, ltr août 1712.