‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 124 sur 431 · ACTE DE CONTRITION · texte numérisé non relu

ACTE DE CONTRITION

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cès avec uu méchant juif, auquel il n’y avait pas grand honneur à démontrer qu’il était uu voleur.

Sire, eh bien ! Voire Majesté a raison, et la plus grande raison du monde ; et moi , à mon âge, j’ai un tort presque irréparable. Je no me suis jamais corrigé de la maudite idée d’aller toujours en avant dans toutes les affaires, et quoique persuadé qu’il y a mille occasions où il faut savoir perdre et se taire, et quoique j’en eusse l'expérience, j’ai eu la rage de vouloir prouver que j’avais raison contre un homme avec lequel il n’est pas permis d’avoir raison. Comptez que je suis au désespoir, et que je n’ai jamais senti une douleur si profonde et si amère. Je me suis privé de gaieté de cœur du seul objet pour qui je suis venu, j’ai perdu des conférences qui m’éclairaient et qui me ranimaient , j’ai déplu au seul homme à qui je voulais plaire '...

Ces aveux sont sincères, ils doivent l’être ; au moins portent-ils sur celui de tous ses défauts qui sera le plus funeste à cet homme vain, passionné, se livrant aveuglément et follement à son premier mouvement. « Je ne me suis jamais corrigé de la maudite idée d’aller toujours en avant dans toutes les affaires ! » C’est lui qui le dit, au fort du dépit, et dans tout l’embarras que lui causent sa précipitation, ses imprudences, sa nature irrilable et emportée. S'il ne spécifie rien, il nous serait aisé, à nous autres qui connaissons sa vie, de noter ces affaires auxquelles il fait allusion sans les nommer, et que, du reste, Frédéric saura rappeler dans la lettre froide et dure que nous allons reproduire.

I. Voltaire, Œuvres complètes (Beuchol), l. LV, p. 559, 5l»0. Lettre de Voltaire à Frédéric.

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