M. GROSS
falluluisacrifierFréron, comme on luiavaitsaerifiéd’Àrnaudbientôtaprès.Sil’on s’y était résigné, c’est qu’entre eux et Voltaire l’hésitation n’était pas possible; mais, tout eu cédant, l’on avait gardé rancune au poëte de son despotisme. Passons. Voilà que Voltaire est accusé d’être allé chez le ministre de Russie traiter d’affaires dont il n’avait nulle mission de se mêler. À cela, il répond que s’il a vu M. Gross, c’est qu'il l’avait beaucoup connu à Paris, lorsqu’il occupait la même position auprès du cabinet de Versailles; et il n’était allé chez lui que pour le prier de lui faciliter l’arrivée d’un ballot de livres et de cartes géographiques. « C’est 'unique fois que je lui ai parlé, et l’unique ministre que j’aie vu, et je peux assurer Votre Majesté que je n’en verrai aucun en particulier'.» On sait jusqu’à quel point Frédéric tenait à ce que ses officiers n’eussent aucuns rapports avec les ambassadeurs des puissances ; et nous l’avons vu, entre autres prescriptions, enjoindre à Pollnitz de ne jamais mettre le pied dans la maison d’un ministre étranger2. Mais Voltaire n’était-il allé chez Gross que pour lui recommander un simple envoi de France? Wagnière, dans ses notes sur le Commentaire historique , semble faire allusion à cette démarche, dont l’objet eût été tout différent, et qui, en dépit des bonnes intentions du poëte, était de nature à indisposer fort un souverain aussi ornbra-
1. Voltaire, OEuvres complilet (Beuchot), t. I.V. p. 572, 573. Lettre de Voltaire à Frédéric; sans date, main classée 5 tort par Beuelml, qui eût dû la mettre à la suite de la lettre du roi de Prusse, à laquelle elle fait Incontestablement réponse.
2. Œuvres de Frédéric le Grand (Berlin, Preuss.), t. XX, p. 78. Lettre de Frédéric à Pollnitz; Berlin, 24 Juillet 1744.