‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 130 sur 431 · MADAME DE BENTINCK · texte numérisé non relu

MADAME DE BENTINCK

gei.iT que le roi de Prusse Pour madame de Renlinck, que celui-ci appelait la Sit/nora errante ed , amabile , c’était une pauvre femme d'humeur assez fantasque, quelque peu inconsidérée mois excellente , qu’il avait prise en amitié et en pitié et qui plaidait contre son mari, Guillaume de Rentitook, un comte du Saint-Empire. Elle, n’avait que trop besoin d’être protégée, et l’auteur de la Henriade n’avait pas cru mécontenter en remettant ses suppliques*; mais c’est qe qu’il ne referait plus, puisque eette tentative avait été envisagée

1. « Il arriva aussi alors que cc monarque, donnant nn liai chez la reine, y fit inviter tous les ambassadeurs, excepté celui de l'impéralricu de Kussie, avec, la quelle il cherchait à se brouiller. Ce ministre n'y parut pas. M. de Voltaire, apprenant qu'il n’avait pas reçu d’invitation, et ne sachant pas que ce fût Peffel d'un oubli volontaire, uIIa de lui-même le lendemain malin chez l'ambassadeur, pour le prier de ne pas faire de cette aventure une affaire d'Etat, lui disant que le roi en était sûrement bien lâché. Le ministre rendit compte dè tout à sa souveraine, et confia ta lettre h un juif qui .partait pour Pétersbourg. Elle tomba entre les mains du roi, qui, voyant la démarche que M. de Voltaire avait faite sans son ordre, se mit en fureur contre lui... » Long<-|inmp et Wagnière, Mémoires sur Voltaire (Paris, 1826), t. I, p. 36. Additions au Commentaire historique. Les choses pourraient bien ne s'être pas passées tout à fait ainsi, cl nous nous garderons bien de garantir le récit de l'honnête Wagnière. Gross était rappelé par sa cour, et il n'est pas impossible

- que la même difficulté qui s'était élevée en France M’égard de l’audience de congé w* fût présentée également en Prusse. Voltaire* qui n*n\ ait pas à s'ingérer dans tout cela, pour complaire h un homme qu’il* avait beaucoup connu, oublia, peut-être ausfct, qu’il n’éf.llt à Berlin que l’hôte et l’ami de Frédéric. Duc de Luynes, Mémoires, t. Vil, p. 380, août 1746.

2. Il avait fait plus encore, bien qu'il n’en parle poinj. ,J,l/est plug explicite dans une b ltrc h d’Argental pù il lui recommande avey chaleur la pauvre comtesse, et où il convient qu’il l’a epgagée à; prendre pour arbitre lord Tyrconnel et le secrétaire. d'I>jal ^cs affijrt:? éftajigères de Prusse. .Voltaire, filtres inédites (Didier, 1857), 1. I, p. 212, 213. Lettre de Voltaire à d’Argeulal; 25 décembre I75L.

Page 1