‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 131 sur 431 · SOUMISSIONS PB VOLTAIRE · texte numérisé non relu

SOUMISSIONS PB VOLTAIRE

d’un mauvais œil. Loin de regimber devant ces récriminations offensantes, le poète courbe le dos; il a mérité à beaucoup d'égards, sinon sur tous les points, les duretés dont on l’accable, il se frappe la poitrine et convient de ses torts. Qu’on l’écrase maintenant, s’il peut être de la générosité du maître de frapper un serviteur humilié et repentant,

Sire, écrit-il à Frédéric le lendemain do l'arrangement définitif, toulos choses mûrement considérées, j'ai fait une lourde faute d'avoir un prbcès contre un juif, et j’en demande bien pardon à Votre Majesté, à votre philosophie, et à votre bonté. J’étais piqué, j’avais la rage do prouver que j’avais été trompé. Jo l’ai prouvé, et après avoir gagné ce malheureux procès, j’ai .donné à co maudit hébreu plusque je ne lui avais offert d’abord, pour reprendre ces maudits diamants, qui ne conviennent point à un homme de lettres. Tout cela n'empêche pas que je ne vous aie consacré ma vie. Faites de moi tout ce qu'il vous plaira. J’avais mandé à Son Altesse madame la Margrave de Bareith, que frère Voltaire était en pénitence. Ayez pitié do frère Voltaire '...

A cette épître soumise, humble, câline, d’amoureux en disgrâce, le roi de Prusse répondait, le jour suivant, par quelques lignes où, tout en consentant à le recevoir et à passer l’éponge sur le passé , il donnait une dernière leçon de prudence et de sagesse un peu brutale, à cet écervelé, à cette tête évaporée de cinquante-sept aus bien sonnés.

Si vous voulez venir ici, vous en ôtes le maître. Je n’y entends parler d’aucun procès, pas môme du vôtre. Puisque vous l’avez

I. Voltaire. OEurres complètes (Reuchot), t, LV,p. 674, 67 S. Lettre de Voltaire à Frédéric, ce samedi, ('elle lettre est indubitablement du 27 février, qui est un samedi et le lendemain de la transaction définitive avec Abraham Hirsch.

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