ENFANT DE LA RÉGENCE
Que de choses tolérées, pratiquées il y a cent ans, par les plus honnêtes geus, et qui seraient, à l’heure qu’il est, purement et simplement des actes de brigandages! L’ou parle des traitants? Qui ne l'était pas, un peu plus un peu moins? Qui ne trempait point dans ces tripotages insondables dont la seule pensée soulève de dégoût? Est-ce que les grands seigneurs, est-ce que les généraux d’armée n’avaient pas leur part faite dans • les soumissionnements des fournitures? Est-ce qu’un renouvellement de bail de fermier général avait lieu sans d'énormes, de monstrueux pots-de-vin, toujours consentis par le financier, qui, en fin décompté, savait bien sur qui il aurait recours? Voltaire est un enfant de la Régence, avec les financiers desquels il avait commencé sa fortune ; c’est un ami du maréchal de Richelieu, dont les pillages firent scandale à une époque cependant si accommodante eu pareille matière. Le moyen qu’il ne considérât pas comme fort licites des spéculations que tout le monde se permettait, chacun dans le rayon de sou activité et de sou inlluence? Il
Prusse, à l'abbé Danès, docteur en droit A Paris; do Berlin, le février 1751. Voici, du reste, ce qu’on lisait dans la Gazelle rie Hollande du 12 mars 1751 (n° XXI) : « De Berlin, le 2 mars. Comme plusieurs papiers publies ont parlé du procès de JP. de Voltaire, cliainliclian et historiographe du roi, contre le juif Hirsch, on a cru devoir apprendre au public que ce procès vient d'être j nfre définitivement on faveur de Mr. de Voltaire, el que ledit jidf a été condamné en tous points, et mis à l'amende pour avoir voulu désavouer sa propre écriture : ce jugement pareil également équitable et agréable A ceux qui s'intéressent à la gloire des personnes qui se sont rendîtes aussi illustres au Parnaêxe et dans la république des lettres que l'a fall JP. de Voltaire, qui se voit par cette sentence au-dessus de ce que la malignité el l'envie ont répandu Contre lui par une falaité attachée, ce semble, au mérite et aux la'.ens supérieurs. »