‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 175 sur 431 · INQUALIFIABLE DURETÉ · texte numérisé non relu

INQUALIFIABLE DURETÉ

tiables, qui l'eussent dévorée sans en être plus riches.

Chasol avait sauvé la vie au prince, il lui avait témoigné le dévouement le plus absolu, cela méritait bien qu’on lui vînt en aide dans les moments trop fréquents où les eaux étaient basses. Ses mécomptes à cet égard furent cruels, et il est à croire que ses propos revinrent au roi qui en fut justement blessé, et résolut de faire ressentir le poids de sa colère au coupable. Au moins, à une grande revue (mai 1731), Frédéric profitait-il de la circonstance la plus futile pour chercher querelle nu chevalier et le traiter, à la tête de son régiment, avec une inqualifiable dureté ‘. Chasot n’oublia pas l’insulte et songea dès lors à se retirer. Mais le roi de l'russe ne se prêtait point à de telles séparations ; et ce ne fut qu’en novembre que le chevalier sollicita et obtint la permission de faire un voyage en France, afin de réparer sa santé délabrée 2. « Pour le major Chasot, qui a dû vous rendre une lettre, écrivait Voltaire à sa nièce, il s’était emmaillotté la tête et avait feint une grosse maladie pour avoir la permission d’aller à Paris. Il se porte bien celui-là, et si bien qu’il ne reviendra plus. Il avait pris son parti depuis longtemps 5. » Mais Chasot avait plus d’un motif de ménager le roi , qui eût pu s’opposer notamment à ce qu’il entrât en possession des legs que lui avait tout récemment faits la vieille duchesse de Strélitz *.

1. Blaze de Bury, Le chevalier de Çhasot (Paria, 1862), p. 124.

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