‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 176 sur 431 · Nous lisons celle note de M. de Latouche, notre envoyé en · texte numérisé non relu

Nous lisons celle note de M. de Latouche, notre envoyé en

CONTRE-FAÇONS DU SIECLE DE LOUIS XIV. 205 il n’eût, du reste, tenu qu’à Frédéric, avec quelque complaisance, de boucher les trous, de remplir les vides, et même de grossir le nombre de son entourage. « On voit de loin les objets bien autrement qu’ils ne sont, disait Voltaire. Je reçois des lettres de moines qui veulent quitter leur couvent pour venir auprès du roi de Prusse , parce qu’ils ont fait quatre vers français. Des gens que je n’ai jamais connus m’écrivent : « Comme vous êtes l’ami du roi de Prusse, je « vous prie de faire ma fortune...» Ici encore, l’amertume se fuit jour, et le poëte ne se préoccupe pas trop de la laisser déborder. Il faut dire qu’alors il était en butte à plus d’un ennui, à part l 'écorce d'orange. Son édition du Siècle de Louis XIV n’était pas achevée, qu’il apprenait que des contrefaçons s’en faisaient à Fraucfort-sur-l’Oder et à Breslau. Il supplie Frédéric

Prusse, « Le major de Chasot, qui a joui pendant dix huit ans de la plus haute faveur à Potsdam, s’est brouillé avec son maître parce que les bontés de la vieille duchesse de Strelitz l’ont mis en état de se passer des bienfaits du roi de Prusse; mais il semble que le maître et l'ancien favori cherchent à se rapprocher. Celui-ci sent la nécessité où il se trouvera de recourir à la protection de ce prince pour conserver tout ce qu’il a reçu de sa vieille duchesse, et le monarque craint que cet officier, dont il connoit la valeur et le talent pour la guerre, ne passe à quelque service étranger, et craint surtout que ce soit à celui de l’impératrice de Russie, qui lui a fait oiïrir, l’année passée, le grade de général -major avec un régiment de dragons, par le prince de Galitzin, ministre de Russie à Hambourg, d Journal de l'Institut historique (m* année, août 1836), t. V, p. 2‘J. Tableau de la cour de lîcrlin envoyé à Versailles par M. T. (Tjrconnel), avec des additions du chevalier de Lalouche. — Sans revenir eu Prusse, Chasot, ne donna pas à son ancien maître le chagrin de le voir passer au service de l’impératrice de Russie; le sénat de Lubeck l’élut pour gouverneur de la ville, et il accepta avec joie une situalion honorable où 11 pourrait continuer et achever ses jours dans la paix et l’abondance.

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