‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 177 sur 431 · ROTHEMBOURG · texte numérisé non relu

ROTHEMBOURG

de faire arrêter le libraire de Francfort et saisir les voitures qui porteraient immanquablement les exemplaires à Leipsiek. Malheureusement, sans qu’il s’en doutât, le moment était mal choisi ; l’un des favoris du prince, le comte de Rothembourg venait d’expirer. Son premier soin, lorsqu’il l’apprit, fut de s’excuser d’importuner le roi de ses affaires, sous le coup d’une affliction que partageaient tous ceux qui avaient connu et aimé le défunt ; et Voltaire était si bien de ce nombre qu'ilavaitcomptésur le comte pour être son exécuteur testamentaire ‘ . Quelque fin et déliant que l’on soit, l’on ne peut tout prévoir; et ceux auxquels on a cru pouvoir le plus se lier sont ceux-là qui vous renient et vous desservent sous le manteau, au moment où ils vous sourient et vous font fête. Le défunt, lui aussi, u'était pas un ami sur, s’il faut en croire l'auteur de la Uenriadc. « Nous avons su, après la mort du comte de Rothembourg, qu’il ne nous épargnait pas toujours dans les petites conférences qu’il avait avec Sa Majesté. C’est là l’étiquette des cours ; on y dit du mal de son prochain aux rois, quand ce ne serait que pour les amuser1 2. »

Les réclamations de Voltaire à l’égard de son Siècle

1. Voltaire, OEuvres complètes ( Reuchot), t. LVI, p. 10. Lettre de Voltaire à Frédéric.

2. Ibid,, t. LVI, p. 11. Lettre de Voltaire à madame Denis; à Berlin, le 18 janvier 1752. Ce comte de Rollicmbourp avait, à l’égard de Voltaire, de plus anciens torts que ne se le figurait celui-ci, car c’élail lui qui, d’après les ordre», il est vrai, de Frédéric, fallait tenir à l’évôque de Mircpoix un lambeau de lettre et des vers où le tliéatin était fort mal trailé, dans le but plus que machiavélique de fermer au poêle tout retour en France. Voiruotre deuxième volume, p. 381», 387.

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