‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 18 sur 431 · RETOURS PÉNIBLES · texte numérisé non relu

RETOURS PÉNIBLES

Mettrie lui-même, dont la philosophie bravait le ciel, n’était pas exempt de ces sortes de défaillances, et tout son aplomb, assure-t-on, n’était pas à l’épreuve du grondement et des éclats de la foudre1.

L’auteur de la Philosophie du bon sens sentait l'humiliation de ces perpétuelles défaites, et son impuissance à se débarrasser de ces honteuses entraves ne faisait qu’aviver sa haine contre toutes les croyances, auxquelles il reprochait amèrement de n’avoir d’autre but que d’égarer et de tromper les hommes. Il ne leur pardonnait point la domination tenace des premières impressions qu’elles exerçaient sur sa maturité et qu’elles devaient exercer sur le reste de sa vie. Et si telle ne fut pas l'unique cause de la guerre à outrance qu’il ne cessa de faire aux religions, à celle surtout dans laquelle il était né, son acharnement à s'attaquer à toute superstition ou à ce qu’il estimait l’être, trouvait son plus actif aliment dans ces retours pénibles sur luimême et les dures épreuves que lui attiraient des faiblesses à peine excusables dans un enfant.

D’Ai'gens depuis longtemps s’était fait un intérieur selon ses goûts et son humeur, et dont il était difficile de le sortir. Amoureux, toute sa vie, des filles de théâtre, il devait finir par s’acoquiner avec quelque comédienne. Mais si c’était son inévitable destinée, disons qu’il eût pu tomber plus mal, Voici comment il raconte son mariage, et les raisons qu’il donne d’une décision qui scandalisa plus qu’elle n’étonna sans doute les amis et les familiers du marquis.

1 . Dieudonné Thiébault, Sout enir) de vingt «ni de léjçur ù Berlin (Uidot, I8C0), t. Il, p. d»l, 4J7.

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