‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 183 sur 431 · L’ORTHOGRAPHE RE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

L’ORTHOGRAPHE RE VOLTAIRE

soudre à l'attribuer, bien qu'il soit tout aussi difficile d’admettre que cela se soit fait sans son concours, puisque l’ouvrage s’imprimait à sa porte. Cette étrangeté disparaissait, après tout, dans les éditions subséquentes, qui, toutefois, ne devaient pas donner satisfaction sur l’autre point à lord Chesterlield. C’est au Siècle de Louis XIV qu’il faut faire remonter l’application définitive de ce qu’on est convenu d’appeler l’orthographe de Voltaire *. L’auteur de Mérope avait toujours été blessé de cette incohérence entre la manière d’écrire et celle de prononcer; incohérence aussi grotesque qu’illogique dans notre poésie surtout, où la rime donnait àtoutinstant un démenti à l’orthographe. Dans son intimité, force était de se soumettre à une réforme qui lui paraissait dictée par le simple bon sens, et toute étourderie, tout oubli à cet égard étaient relevés vertement à Circy. Madame de Grafigny mandait à son ami Devaux, en 4738 : « Elle parle (la marquise du Châtelet) extrêmement vite, et comme je parle quand jefaisla Frajiçaise. T u vois que je corrige ce mot-là ; ce serait un solécisme ici de l’écrire autrement1 2 3. » Mais, deux ans auparavant, on lisait dans l’Avertissement de Zaïre , de l’édition de 1736 : « On a imprimé français par un a, et on en usera ainsi dans la nouvelle édition de la lienriade *. 11 faut en tout se conformer à l’usage, et écrire autant qu’on peut comme on prononce ; il serait ridi-

1. Collinl, Mon séjour auprès de Voltaire (Paris, 1807), p. 31.

î. Madame de Gradgnj , Vie Iprivée de Voltaire et de madame du Châtelet ( Paria. 1820), p. h.

3. Il n'exisle aucune édition de la llenriade, jusqu'au Siècle de Louis II V, avec la nouvelle orthographe.

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