IL PASSE EN DANEMARK
penhague, il créait un recueil hebdomadaire : la Spectatrice danoise ou YAspasie moderne , dont naturellement il devait être le coopérateur le plus actif et le plus fécond. Signalons encore un ouvrage allégorique qui, sous une forme légère, avait les visées les plus sérieuses , X Asiatique tolérant , traité à l’usage de Zeokinézul , roi des Kofirans. Trois années s’étaient écoulées. L’éducation de son élève était sans doute terminée ; redevenu libre, il se mit en tête de fonder, à Copenhague, une chaire de langue et de littérature françaises. Le projet méritait d’être encouragé; le roi donna son approbation, et la chaire fut ouverte le 20 mars 1750. a La Beaumelle en fut nommé professeur, sans l’avoir sollicité, nous dit un de ses biographes, et par la protection du grand-maréchal comte de Moltke, qui faisait grand cas de ses talents » A la bonne heure, et nous reconnaissons là la modestie de La Beaumelle qui, cependant, n’eût pas laissé de se trouver fort étonné si cette place, qu’il ne sollicita point, eût été donnée à quelque autre qui l’eût demandée. Mais il fallait obtenir l’autorisation du ministre de France, et il dut faire un voyage à Paris, où il demeura huit mois. Ce fut durant ce séjour qu’il acheta, nous est-il dit, de Racine fils, un recueil manuscrit de la correspondance de Madame de Maintenon. Nous pourrions à cet occasion citer une lettre du poète de la Grâce, qui nous fixerait sur la ponctualité aussi bien que sur la conscience historique de La Beau-
1. Michel Nicolas, Notice sur la vie et les terils rie La Beaumelle (Paris. Clierkuliei, 1852), p. 6.