‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 191 sur 431 · A OUI ELLES SONT ATTRIBUÉES · texte numérisé non relu

A OUI ELLES SONT ATTRIBUÉES

cesse en éveil par la surprise, l’imprévu du trait, un style nerveux, coloré, incisif, qui n’est, cela va sans dire, ni plus sage ni plus retenu que l'idée qu’il habille ; ébauche et débauche d’un homme de beaucoup d’esprit et de beaucoup de talent même, dont ce n’était que le premier mot. « Plus de la moitié en est excellente, note d’Argenson, un quart médiocre, l’autre quart rempli de pensées fausses. Dans le bon, on trouve ce trait : Ueureux l’état dont le roi n’auroit point de maîtresse, pourvu qu’il n’eùt pas de confesseur'!» Mais à qui donner cet étrange livre? Le marquis n’hésite qu’entre Montesquieu et Voltaire; ou peutêtre Diderot. « 11 a, nous dit de son côté l’abbé de Voisenon, composé un ouvrage divisé en chapitres sur différents sujets ; il y en a un ou deux qu’on croirait du président Montesquieu, et beaucoup plus qu’on soupçonneroit d’être de son laquais5. » Tout compte fait, La Beaumelle n’a pas trop à se plaindre.

Dans sa hôte de sortir de son obscurité, tout lui eût été bon, tout lui eût été propre. «En Danemark, nous dit un écrivain connu par d’intéressantes études sur les cours du Nord, on le vit échanger des lettres publiques sur les plus graves sujets de controverse religieuse avec Ilolberg, qui faisait figure non-seulement comme poète dramatique, mais encore comme professeur d’université fort bien renié, et aussi comme théologien. Le recueil des lettres de ce dernier a

1. Marquis d’Argenson, Mémoires (Jannet), t. IV, p. 70, 71; 20 jamicr 1752. — T. V, p. 128.

2. L’ulibé de Voisenon, üfc'ii vers complues (Caris , 1781), l, IV,

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