‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 204 sur 431 · PROPOS BLESSANT DE FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

PROPOS BLESSANT DE FRÉDÉRIC

blnnlde ne pas s'apercevoir qu'il était présent. Je n’ai point oublié ces circonstances, quoiqu’il y ait trente cinq ans d’écoulés '.

Trois jours après, notre professeur de belles-lettres, qui ne se refusait pas tout commerce avec les Muses, publiait une ode sur la mort de la reine de Danemark. « On la trouva très-belle, nous dit-il modestement ; elle l’ctoit pour Coppenhague où je l’envolai, et encore plus pour Berlin, où il y a moins de goût et d’esprit qu’à Coppenhague. » Cela n’était pas trop aimable pour Berlin et pour les académiciens de Berlin ; mais alors l’on n’avait plus rien à ménager, et l’on pouvait impunément jeter sa bave contre la Prusse, où l’on n’avait fait que médiocrement fortune de toutes façons.

Il fut question, au grand couvert, des lettres de madame de Maintenon, que possédait La Beaumelle ; et le roi dut dire qu’il ne pouvait les avoir acquises que par des voies malhonnêtes. Ce qui eût, à la rigueur, autorisé de semblables soupçons, c’est qu’Angliviel convenait que, tout en les tenant de bon lieu, il n'était redevable de leur communication à aucun des parents ou amis de la marquise. Comme celui-ci n'avait soufflé mot de son trésor qu'à Voltaire, évidemment le roi n’en parlait que d’après l'impression que lui en avait laissée son chambellan. On eût excusé quelque amertume devant un aussi méchant procédé; mais l'auteur de Mes pensées, quoique rarement, a ses moments de mansuétude. « Je lui pardonnai, dit-il, cette calorn-

1. Lonîchamp cl Wagnifcre, Mémoires sur Voltaire ( Pari», I82C), t. Il, p. 91, 92. lettre de Lalande à Wagnière : à Paris, le 29 janvier 17 RT. bous avons eu sous les jeux l'autographe, qui aune page pleine in-4° avec carhel.

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