‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 206 sur 431 · LES ÉPOUX COCCH1US · texte numérisé non relu

LES ÉPOUX COCCH1US

d'aventures qu’appelaient et recherchaient ses vingtcinq ans. Le mari de la dame était présent, mais il ne parut pas s’apercevoir du manège de sa femme, qui, subjuguée par les avantages personnels de La Beaumelle, se laissait, séance tenante, arracher la promesse d’un rendez-vous. Cette beauté, si facile à s’éprendre, était l’épouse légitime du capitaine Cocchius, un de ces officiers matamores, qui ont à coup sûr leur utilité devant l’ennemi, mais qui, hors du champ de bataille, ne peuvent que compromettre l’honneur du corps auquel ils appartiennent. Celui-ci offrait un assez rare assemblage de vices; il était débauché, fanfaron, sans scrupules, toujours aux expédients, et toujours disposé à ne reculer devant rien pour sortir d’intrigue. Les choses allèrent trop vile pour qu’Augliviel eût le loisir de s’édifier suffisamment sur la moralité de l’étrange ménage. L’auteurdu Quendirat-on? trouva le meilleur accueil au logis du capitaine, mais le tête-à-téte fut brusquement troublé par l’arrivée inattendue du terrible Cocchius. L’époux outragé était en droit de passer son épée au travers du corps de La Beaumelle, mais le danger était d’une tout autre espèce, et ce dernier ne tarda pas à entrevoir que ce n’était pas pour sa vie qu’il avait à craindre. Ce qu’entendait le capitaine, c’étiit faire payer, dans le sens littéral du mot, le plus chèrement possible, un affront que n’eût pas lavé le sang de La Beaumelle; et il se considéra comme bien mieux vengé, en détroussant le malencontreux professeur, dont la bourse, médiocrement remplie, passait de son gousset dans les mains de l’impudent drôle. Il est peu nécessaire d'ajouter

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