‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 213 sur 431 · SUSCEPTIBILITÉ HORS DE MISE · texte numérisé non relu

SUSCEPTIBILITÉ HORS DE MISE

moindre part au vol et à la mauvaise conduite de cette personne. Voilà le témoignage qu’elle croit devoir rendre à la vérité » Il n’y avait pas là de quoi chanter victoire ; et cette réponse, loin d’être un démenti aux allégations de Voltaire, ne faisait que les sanctionner de la façon la moins équivoque. La Beaumelle ne se tint point pour battu cependant, et malgré la froideur significative de cette lettre, il fera une autre tentative à la date du 23 août. Il avait été choqué à l’excès de ce que M. Rousseau avait dit de la gouvernante, qu’elle s’était éclipsée furtivement de la maison de « sa maitresse. » Sa maltresse ! Cela ne donnait-il pas raison à Voltaire, qui avait prétendu que La Beaumelle s’était enfui avec une femme de chambre? Il se plaignit donc avec amertume d’un terme qui n'était pas moins dur pour lui que pour la Schwecker. Il fallait bien lui donner contentement sur ce point. « Quant au mot de maîtresse que vous relevez, monsieur, je n’ai fait, en l’employant, que me conformer à ce qui est d’usage à cet égard en Allemagne, où une gouvernante d’enfants nomme le père et la mère des enfants, dont l’éducation et l’instruction lui sont confiées, son maître et sa maîtresse; d’où il résulte que, de n’avoir pas été servante n’empêche pas qu’on n'ait pu avoir une maîtresse. »

La Beaumelle en appelait d’une première à une seconde enquête. On était trop son serviteur pour ne pas se prêter à sa fantaisie. Mais, ce qui était du reste à prévoir, il ne devait y gagner que bien peu.

1. Voilai reà Ferney (Didier, I8G0), p. 283. Lettre de M. Roueseau h La Beaumelle; de Gotha, ce 24 juillet 178*.

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