‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 216 sur 431 · M. ROQUES · texte numérisé non relu

M. ROQUES

avec La Deaumelle; il lui écrit, se plaint des procédés de l’auteur de Mes Pensées, avec une longanimité inspirée sans doute par l’amitié qu’il savait exister entre eux. «Je suis fâché, lui mandait-il, que M. de La Beaumelle, qui m’a paru avoir beaucoup d’esprit et de talent, ne s’en serve à Francfort que pour faire de la peine à mon libraire et à moi, qui ne l’avons jamais offensé... U est à présent à Francfort, il n’y fera pas une grande fortune, en se bornant à écrire contre moi ; il devait tourner ses talents d’un côté plus utile et plus honorable. Il avait commencé par prêcher à Copenhague. Il a de l’éloquence, et je ne doute pas que les conseils d’un homme comme vous ne le ramènent dans le bon chemin ‘. .. » Voltaire procède par l’insinuation ; l’ouvrage de La Beaumelle n’a pas encore paru, et l’intervention de M. ltoques, ses représentations ouvriront, c’est à croire, les yeux à celui-ci sur le brigandage littéraire qu’il projette. Dans une seconde lettre, tout aussi modérée par la forme, il réitère ses plaintes, démontre combien serait blâmable une pareille action et ne laisse pas d’en indiquer les conséquences pour le coupable; car, Walther, le libraire qu’on dépouille, est résolu h revendiquer ses droits et à défendre son bien par tous les moyens en son pouvoir. « Cela va faire un événement qui certainement causerait beaucoup de chagrin à M. de La Beaumelle, et qui serait fort triste pour la littérature... J’ose vous prier, Mon-

1. Voltaire, OEiiurei compltles (Beucliot), t. LVI, p. 20i, 205. Lettre de Voltaire à M. Roques. Celte lettre est datée , dam l'édition de BAle, du 28 octobre. Kn tous cas, elle ne peut être du mois d’avril, comme elle se trouve classée dans l'édition de Keld.

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