‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 220 sur 431 · CRAINTES MAL FONDÉES · texte numérisé non relu

CRAINTES MAL FONDÉES

Voltaire avait donc fait tout ce qui était eu lui pour arriver à l’exactitude la plus complète, et il croyait y être parvenu, quand l’existence de ccslettres de Madame deMaintenon vint ébranler sa confiance dans son travail et lui inspirer les plus vives appréhensions. Ces lettres confirmeraient-elles son dire, et, pièces en main, La ileaumelle n’auruit-il pas beau jeu contre lui et contre son livre? Ces craintes étaient au moins exagérées; et, en dépit des observations pointilleuses de son critique, si le Siècle de Louis X/ K laisse à désirer, ce n’est point par l’iguorance des faits et leur application qu’il pèche. « Je ne me suis pas trompé, s’écriera-t-il avec une juste satisfaction, sur le caractère de cette personne si singulière. Ses lettres qu’on a publiées avant les éditions de 1753 du Siècle de Louis XIV, sont la preuve que je n’ai rien avancé dont je ne fusse instruit, et de mon amour pour la vérité. Il s’est trouvé que Madame de Maintenon avait signé par avance tout ce que j’avais dit d’elle1. » Mais c’est cc qu’il ne devait savoir que plus tard ; et, jusque-là, ses anxiétés étaient concevables, ainsi que l’envie de désarmer à tout prix un adversaire si menaçaut, si sûr de lui, et d’un tempérament à tout risquer.

Trop impressionnable pour se posséder, pour dissimuler ses angoisses, Voltaire laissait lire dans son jeu; et, plusil paraissait souhaiter la paix, plus l’on de-

polnl communiqué, il fallait que Voltaire se préoccupât de la recherche de la vérité historique autrement que l'on u'cst disposé a le croire, cl c'est re qu’il n'était que juste d’établir.

1. Voltaire, Otuires complètes (Beuchol), t. XX, p. 551. Supplément au Siècle de Louis SI K.

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