UN SUJET VOLÉ
uer eu 1756 la Coquette corrigée de La Noue, qui connaissant de vieille date la nièce de Voltaire, chez laquelle, à Lille, il avait représenté Mahomet , s'était approprié son sujet sans plus de façon, à la grande indignation de la pauvre femme et peut-être au grand soulagement de l’auteur de Zaïre1.
Nous avons raconté les démêlés de Voltaire et de La Beaumelle. D’autres débats, auxquels le poète prenait une part quelque peu gratuite, venaient au même moment occuper les oisifs et divertir la galerie. Le nom de Maupertuis se lit à plus d’une page de ces études ; il y figure à titre d’ami et de maître de Voltaire, qui le choie, le caresse, l’encense avec cet art et cet excès dont s’accommodent à ravir ceux qu’il accable sous la louange et les flatteries; et il est à croire que l’amitié, l’illusion, le charme eussent toujours duré, si les circonstances ne se fussent pas fait un malin plaisir de réunir ces deux hommes à la table d’ungraud roi, qui ne pouvait sourire à une saillie de l’un sans faire froncer le sourcil de l’autre. N’oublions pas que nous ne saurions isoler Voltaire de la société française de son temps, et que notre tâche n’est pas tellement circonscrite, qu’elle se doive borner à sa stricte biographie. Sans doute Maupertuis n’a sa place ici, comme La Beaumelle, qu’à cause de ses relations avec le poète; mais, quelque surfait qu’il ait été un instant, il fut, par ses travaux, par le côté aventureux et énergique de son esprit, par les combats qu’il livra pour Newton
1. t.avcrdet, Catalogue d’autographe s du 15 avril 1858, p. 30, n° 584. Lullre de madame Denis à Lekain ; de Monriun, près Lausanne, ce 23 janvier (1750).