‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 230 sur 431 · PIERRE-LOUIS MOREAU DE MAUPERTUIS · texte numérisé non relu

PIERRE-LOUIS MOREAU DE MAUPERTUIS

contre Descartes et une académie routinière, par certaines qualités enfin et certains défauts qui n’étaient pas vulgaires et le servirent puissamment, une des personnalités les plus curieuses, à cette date du XVIIIe siècle qui précède, quoique de bien peu, l’avénement de l 'Encyclopédie.

Pierre-Louis Moreau de Maupertuis naquit à Saint- Malo, en 1098, d'un père fort honoré dans sa ville, qui l’avait chargé de la représenter aux Étals de Bretagne, et que les États avaient choisi à leur tour pour remettre au roi les cahiers de la province. Dès ses plus jeunes ans, sa physionomie vive, ses réparties, le besoin de tout connaître et de se rendre compte de tout, dénotèrent une intelligence précoce, servie par une imagination des plus ardentes, et furent autant d’indices heureux que l’àge ne devait pas démentir. Après avoir étudié sous un précepteur éclairé et dévoué, l’abbé Coquaud, Maupertuis, malgré les larmes de sa mère, vers ses seize ans, prenait le chemin de Paris, conduit par son père qui, tout intéressé qu’on nous le représente, ne négligea rien pour son instruction et lui donna tous les maîtres. Deuxannées de sérieuses études se passèrent ainsi, après lesquelles il tit un voyage en Hollande qui n’eut pour lui d’autre incident notable que la rencontre du czar Pierre faisant, dans les chantiers et les ports des Pays-Bas,.le double apprentissage de charpentier et de matelot. Le rêve de tout Malouin, c’est l’Océan : Maupertuis eut un instant la forte envie de naviguer, mais les supplications et les larmes d’une mère éplorée arrêtèrent ce premier élan. On ne voulait pas qu’il fût marin, il serait soldat. Il

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