VOYAGE EN ANGLETERRE
tant qu’eufin le siège et lui se renversèrent dans la cheminée. La frayeur que cet accident causa à madame D"* se manifesta par un grand éclat de rire1 * * IV..» Le jeune officier choisit ses galeries dans un lieu fort hanté alors par les beaux esprits et qui fut, durant tout le dixhuitième siècle, le tribunal où se liront et se défirent les réputations littéraires : nous voulons parler du café Procope,dont il ne tarda pas à devenir l’un des oracles. Il mit le temps à profit, sut se créer des liaisons utiles, étendit ses relations, donna une idée telle de son savoir et de ses connaissances, que l’Académie des sciences l’appelait dans son sein, le H décembre 1723, à litre d’adjoint géomètre, pour le faire, deux ans après, son associé astronome. L’on était en pleine paix, et Maupertuis, qui n’entrevoyait nulle apparence d’avancement dans les armes, s’était antérieurement démis de sa compagnie, afin de se livrer d’une manière absolue à la géométrie, la seule science, selon Freret, qui put repaître cette Ame active et dévorante.
Eu 1 728, il faisait voile vers l'Angleterre, où il séjournait six mois, et la Société royale de Londres l’adoptait comme un de ses membres correspondants. 11 était parti newtonien; quand il revint Paris, ce fut en apùtre zélé et armé de la nouvelle doctrine, en ennemi déclaré et violent du cartésianisme. Si nous n’avons pas à énumérer ses premiers titres à l’attention des savants, nous ne pouvons, toutefois, ne pas mentionner un
1. Lettres de J/'** (Manhelin et Paris, Bauche, 1760), p. 81,
(par Eugène - Éléonore de BétlïUi, marquis de Mélière»), — Techvner, Bulletin du Bibliophile (Pari*, 1860), xivc série, p. 178+,