CARTÉSIENS F.T NEWTONIENS
mémoire sur les Lois de f attraction, son ballon d’essai, qu’il faisait suivre du discours sur les Différentes f (jures des astres. C’était la guerre avec les tenants des tourbillons, avec ce vieux parti de la science, en tête duquel figuraient Cassini, les abbés de Molièreset de Gamache, Fontenelle même qui, malgré sa réserve, faisait voir son peu de penchant pour ces nouveautés, autant dire avec la totalité du corps académique.
Si Maupertuis était un croyant, il était par-dessus tout un ambitieux qui allait se donner tous lesmouvements pour battre ses adversaires. Pour juger sainement la part de chacun dans le conflit que nous avons à rapporter, il est indispensable de savoir à quel homme on a affaire. L’anecdote suivante, racontée par La Bcaumelle, est significative et édilie sur le caractère du futur président de l’Académie de Berlin.
... Pour venger Newton et lui-même, il entreprit do faire, par une espèce d'artifice, une révolution quo la raison seule aurait faite trop lentement. Les jours d’assemblée, il donnait à dîner à quelques newtoniens, qo'il menait au Louvre pleins do gaieté, de présomption et de bons arguments. Il les lâchait contre la vieille Académie, qui désormais ne pouvait ouvrir la bouche sans être assaillie par ces enfants perdus, ardents défenseurs de l'attraction. L’un accablait d'épigrammes les cartésiens, l’autre de démonstrations. Celui-ci, prompt à saisir les ridicules, copiant d'après nature les gestes, les mines, les tons, répondait aux raisonnements des adversaires en les répétant. Celui-là, n’opposant qu’un rire moqueur aux changements qu’on faisait au système ancien, soutenait que le fond du système était atteint et convaincu •d’être vicieux. Celte petite troupe était animée do l'enjouement quelquefois caustique de son chef.
C'est ainsi ou’en se jouant, M. de Maupertuis, établit le nevvlonianisme dans l’académie. Quelques-uns adorèrent encore