‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 234 sur 431 · AMOUR DE LA LUTTE · texte numérisé non relu

AMOUR DE LA LUTTE

Descaries en secret; mais la plupart de ses disciples commencèrent à croire sa doctrine déraisonnable, dès qu'ils la virent ridicule. Ceux qui suivirent cette guerre do plaisanteries, se souvinrent que des opinions plus importantes devaient leur fortune à des moyens moins légitimes*.

La Beaumelle ne trouve qu’à louer et à applaudir. Il nous semble que de tels moyens sont plus faits pour compromettre que pour affirmer les vérités métaphysiques; car l’erreur seule peut trouver son compte à soulever les passions de la jeunesse et à recruter un auditoire bruyant très-déterminé à triompher par le sarcasme, l’ironie, les clameurs. Ce n’est pas de cette façon que Newton eût dû être servi, et c’est aussi ce que pensèrent les gens sensés que de pareils procédés n’étaient pas faits pour gagner. Maupcrtuis était un de ces tempéraments violents, un de ces esprits emportepièce que l’obstacle exalte, etqui veulent faire «trou » à tout prix. Il avait, d’ailleurs, ce qu’il faut pour la lutte, qu’il eût affectionnée pour elle-même. Il aimait le glaive, et il était destiné à succomber par le glaive aux mains d’un athlète plus vigoureux que lui. Mais nous sommes loin de cette dernière phase de sa vie, et, avant la défaite qui devait la clore, il est juste de raconter les combats brillants qu’il livra au parti des tourbillons et de la vieille physique. Aussi bien, sommes-nous parvenus à l’époque étincelante de cette carrière de savant, que le ridicule et le sarcasme servirent si puissamment, jusqu’au moment où ces armes

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