‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 238 sur 431 · Maupertuis, O Entrer (Lyon, 1768), I. III, p · texte numérisé non relu

Maupertuis, O Entrer (Lyon, 1768), I. III, p

4. L'abbé (luthier, Journal d'un voyage au Nord en 17 36 et 1737 (Amsterdam, 1746), p, 218.

SÉJOUR A TORXÉA.

nons le détail du costume. Lorsque Maupertuis revint en France, il se fit peindre accoutré de la sorte, et dans un traîneau tiré par des rennes. Quant aux lappmudes, la plaisanterie de Voltaire les a rendues impérissables1. 11 avait fallu interrompre les observations et se renfermer dans les habitations. Que faire loin de la patrie, sous ce terrible ciel, en un pays dénué de tout, où l'on pouvait mourir d’ennui aussi bien que de froid? Mais si les sujets de gaieté n’étaient pas communs, l’on était préparé à prendre tout en plaisanteries. M. ücrbelot ayant hasardé une promenade en bateau, avait failli se noyer. « Comme il n'avoit eu d'autre mal que la peur, nous dit l’abbé Outhier, nous ne fîmes que rire de son aventure. Nous nous amusions ici de tout, et cette gaieté nous soutenoit. » M. Camus était chargé de la caisse de drogues et de médicaments ; il passa bien vite dans le pays pour un médeciu célèbre. Il recevait un jour une dépêche d'une demoiselle, qui lui demandait des remèdes. « Il répondit avec tant de gravité, qu'il guérit sûrement cette demoiselle, s’il u’étoit besoin pour cela que de frapper l’imagination. Ces petites aventures, ajoute l’abbé, réveillaient la gaieté que nous conservions toujours au milieu de nos occupations. » Le Français s’acclimate partout, il porte partout ses mœurs et ses habitudes. Nos voyageurs avaient transformé Tornéa, où ils avaient dù chercher un abri. Le lieutenant-colonel, le curé, et quelques notables leur avaient fait le meilleur accueil. « Ils étoient aimables et avaient de l’esprit. Du reste, notre union

t. Voltaire, OEuvres complètes (Beuchot), t. XXXIX, p. 503,

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