CHRISTINE
et notre gaieté suflisoient pour La douceur de notre vie. Les habitants du pays nous avoient pris en amitié; M. Hélant, notre interprète pour la langue finnoise, nous a dit aujourd’hui à dîné, qu’il y avoit plusieurs paysans, qui demandoientà nous suivre en France, où ils apprendraient, disoient-ils, à nos pécheurs à faire la pèche du saumon. »
Maupertuis, par sa belle humeur, soutenait le moral de ses compagnons, qui n’avaient pas tous sa vigueur ni sa jeunesse; il avait eu le soin d'aviser pour son compte propre, aux moyens de tuer le temps de son mieux et le plus galamment. Il ne devait au public que le récit de leurs travaux; aussi est-il fort bref sur l’emploi des heures que n’absorbaient pas les explorations scientifiques; et l’abbé Outhier, qui n’était pas de mœurs trop rigides, ne se montre ni moins boutonné, ni moins circonspect1. Maupertuis était resté mousquetaire par plus d’un cèlé. 11 se prit de belle passiou pour une jeune Finlandaise, à laquelle il donne le nom de Christine, et qui devait même le suivre en France. 11 a chanté leurs amours en vers cavaliers, qui ne sentent aucunement le géomètre.
Pour faire l’amour
En vain l'on court
I. L’abbé Oulhier, grand prédiraleur cl d:reeteur, fut accusé, à Arles, par une de ses pénitentes, d’avoir voulu la séduire en confession, et U dut, à la suite de ce scandale, résigner son canonical. Il se relira à Avignon, où il fil imprimer secrètement une Dissertation théoloyique sur le péché du confesseur arec sa pénitente (Avignon, 1732), in- 12 de 124 pages C'élait un homme d’esprit, s’exprimant fort bien, mais d’un ton aHlnnatif et hautain qui lui attira moins de partisans que d’ennemis. Il mourut À Baveux, le 12 avril 1774. Quérard, la France littéraire, t. VI, p. 517,