‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 257 sur 431 · Voir le précédent volume, p · texte numérisé non relu

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2. Maupertuis, OEuvrcs (Lvon, 1ÎG8), t. lit, p. 307 , 300 Httjlement de l’ Académie royale des sciences et belles lettres de Beilin, article Mil. Le XIII article concédait au président le droit de dis-

penser les pensions vacantes aux sujets qu’il jugerait en mériter, d'en abolir d’aulrcs et de grossir celles qui étaient insudisantes, selon qu’il le croirait convenable. On conçoit quel ascendant pouvait avoir un homme, d'ailleurs absolu et impérieux comme Maupertuis, sur une assemblée de savants peu riches et dépendants par fortune comme par situation.

l’arche de noê.

toutes sortes de volailles étrangères. Il lit venir une fois de Hambourg une cargaison de poules rares avec le coq. Il étoit dangereux quelquefois de passer à travers la plupart de ces animaux, par lesquels on étoit attaqué. Je craignois surtout beaucoup les chiens islandois. M. de M. se divertissoit surtout à créer do nouvelles espèces par accouplement de différentes races; et il montroit avec complaisance les produits de ces accoupleinens qui participaient aux qualités des miles et des femelles qui lesavoient engendrés*. J aimois mieux voir les oiseaux, et surtout les perruches qui éloient charmantes. Je crois encore avoir sous les yeux une vision bien amusante. Lorsque M. de Liste passa par Berlin avec son épouse, venant de Petersbourg, et retournant en France, nous fumes invités ma femme et moi à dîner avec eux chez M. de M., le 10 d'août 1747. Les autres convives étoient le comte Algarotti, IU. de hedern, depuis comte, à présent grand-maréchal du roi, M. et madame Euler. Une petite perruche se promenoit librement sur la table; elle prit une cerise, et s'envolant, se posa sur la tète de madame de Liste, où elle dépeça et mangea sa cerise de la meilleure grâce du monde. Madame de Liste qui n'avoil pas vu prendre la cerise, crovoit simplement que la perruche étoit posée sur sa tèto, où elle ne faisoit pas un fardeau incommode; et les spectateurs ne crurent pas devoir l'avertir de ce qu’elle y faisoit, tout le mal pouvant se réparer dans la suite en lavant sa coiffure *.

Maupertuis avait un nègre fort éveillé qu’il avait ramené de ses excursions, et auquel il avait donné le nom d’Orion. Orion le suivait partout1 2 3, se piquait à table derrière sa chaise, ne le quittant pas plus que sou ombre, attentif à devancer ses ordres, d’ailleurs ayant

1. Voir sa lettre sur ta Génération de t animaux, où il accuse les recherches et les expériences les plus curieuses. OEuvres (Lyon, 1808), t. 11, p. 289 à 3M.

2. Forniey, Souvenirs d'un Citoyen (Berlin, 1789), t. 1 , p. 218, 219, 220.

3. Lettres dr Jf*** (Manlieiw et Parts, Bauclie, 1700), p. 82 Lettre XIX, à M. I). C.

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