‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 26 sur 431 · D’ABORD JANSÉNISTE · texte numérisé non relu

D’ABORD JANSÉNISTE

sous M. Cordier. Le maître était janséniste, l’élève le devint à son tour si bel et si bien, qu’il composa un ouvrage qui eut vogue dans le parti, à ce qu’assure son royal biographe, nous ne savons sur quelles autorités. Ce que nous pouvons affirmer c’est que ce livre a complètement disparu, etnous ajouteronsqu’il y apeu d’apparence qu’il ait jamais existé. Cette ferveur n’était que de l’efiervescence, un besoin d’émotion et de surexcitation qui n’a rien de commun avec la vocation, dont le caractère est d’attendre tout du temps, de se développer et de grandir avec lui. 11 serait assez piquant, toutefois, que l’auteur del’ Homme machine eût passé par le jansénisme pour arriver à l'athéisme. La Mettrie revint alors dans son pays, avec la perspective d’un lointain canonicat. Fort probablement ne se fût-il pas borné à être un médiocre prêtre ou un prêtre anacréontique comme Ghaulieu et Grécourt, et eût-il mis le feu aux poudres, là comme dans la profession qu’il finit par embrasser sur le conseil d’un médecin malouin appelé Hunauld. Il fallait obtenir du père la permission de courir des chances nouvelles. Mais, à en croire le roi de Prusse, tout bien considéré, celui-ci, convaincu que les remèdes du médecin rapportaient plus que les absolutions du prêtre, donna son plein acquiescement; et La Mettrie put se livrer, à corps perdu, à l’anatomie, disséquer sans relâche durant deux hivers, et, finalement, conquérir à Reims, en 1728, le bonnet de docteur en médecine. Cinq ans plus tard, il prenait un parti qui, à cette date, a bien son mérite : il quittait sa Bretagne pour aller étudier à Leyde sous Boerhaave, et traduisait, dans ses mo-

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