‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 27 sur 431 · SES GRIEFS CONTRE ASTRUC · texte numérisé non relu

SES GRIEFS CONTRE ASTRUC

ments de loisir, Y Âphrodisiacus , auquel il joignait une dissertation de son cru sur les maladies vénériennes, dont Astruc eut occasion de relever diverses méprises dans son grand ouvrage De morbis veneris. La Mettrie glissait, à son tour, dans son Traité du Vertige , une lettre à celui-ci, où il se défendait avec modération et politesse : la valeur et l’autorité d’Astruc lui imposaient, et il cherchait à le gagner par des éloges et des respects1. Ce n’étaitpas, en effet, un mince personnage que ce docteur de Montpellier que la faculté de Paris s’adjoignit en passant par-dessus toutes les règles, qui soutenait sa thèse sans président et substituait aux examens de rigueur une dissertation sur son art. Mais les coquetteries du jeune savant n’eurent pas le succès qu’il en attendait. Astruc, dans une nouvelle édition deson livre (1740), bien que lui reconnaissant un esprit orné, de la littérature, une élocution brillante, lui reprochait une précipitation mortelle à toute spéculation scientifique, et finissait par lui citer assez incongrûment cet adage du vieux temps, à savoir, qu’une chienne, pour se trop hâter, fait des petits chiens aveugles 2. Cependant, La Mettrie ne dit mot : il rentra sa colère, mais bien résolu à saisir, quelque chauve qu’elle put être, l'occasion de se venger de l’insolent Esculape.

Il resta à Saint-Malo jusqu’à la mort de son ami et maître Hunauld, une tête chaude comme lui. Morand, le chirurgien des invalides, et le docteur Sidobre le

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