‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 263 sur 431 · CALOMNIE OE LA BKAUMELLE · texte numérisé non relu

CALOMNIE OE LA BKAUMELLE

crime, tout Berlin en est coupable*. » La Beaumelle, qui n’est jamais à court de raisons, ajoute qu’une basse jalousie et la secrète envie de le déposséder de sa charge et de ses honneurs présidentiels sont les premiers mobiles de la guerre acharnée que le poète allait faire à l’auteur de la Vénus physique. » M. de Maupertuis, épuisé par de continuels crachements de sang, avait quitté Potsdam et s'était renfermé dans sa maison de Berlin, en attendant que le printemps et un rayon de convalescence lui permissent le voyage de Saint-Malo. S’il mourait, il fallait lui succéder; s’il partait, il fallait lui succéder encore, en l’empêchant de revenir : et pour cela il suffisait de le couvrir de ridicule et d’opprobre, afin de dégoûter le roi de Prusse de lui ou lui de la Prusse 3. » Rien n’est moins fondé que cette allégation malveillante. L’auteur de la Hertriade n’avait aucunes vues sur la place de Maupertuis, et sa succession ne l’avait jamais tenté. D’Alembert écrivait à madame du Deffand, en décembre 1752 : « A propos de Maupertuis, nous ne l’aurons point cet hiver; il est actuellement malade et accablé de brochures que l’on fait contre lui en Allemagne et en Hollande, au sujet d’un certain Kœnig, avec qui il vient d’avoir, assez mal à propos, une affaire désagréable pour tous les deux... Le roi de Prusse est fort occupé de lui chercher un successeur dans la place de président... 11 y a plus de trois mois que le roi de Prusse m’a fait écrire par le marquis d’Argens pour

1. Le Siicle politique de Louil XIX (à Siéclopolis, 1753), p. 714. Mémoire de M. de Voltaire, apostillé par M. de La Beaumelle.

2. La Beaumelle, Fie de Maupertuit (Le Doyen, 185(i), p. 109.

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