‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 269 sur 431 · CONCLUSIONS DU MÉMOIRE · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS DU MÉMOIRE

un mois après, qu’il n’en possédait point l’original, et qu’il avait emprunté sa citation à une copie qu'il tenait, avec plusieurs autres lettres du philosophe, de Henzy de Berne. De la part du président, ce n’était pas, comme on en va juger, pure curiosité spéculative ; la publication de ce morceau lui avait paru une machination ourdie contre sa gloire, un complot ténébreux combiné dans le seul but de lui ravir la propriété d’une découverte qu’il élevait si haut. Car, ou lui, Maupertuis, était un plagiaire, ou ce fragment était l’œuvre d’un faussaire.

Voici ce que disait Kœnig :

Je n’ajoute qu’un mot en finissant; c'est qu’il semble que M. de Leibnitz ait eu une théorie de l'action beaucoup plus étendue peut-être qu’on ne le supposerait à l’heure qu’il est; car il y a une lettre de lui écrite à M. Hermann, où il parle ainsi : L'action n’est point ce que vous pensez , la considération du tems y entre, elle est comme le produit de la masse par le tems, ou du tems par la force vive. J'ai remarqué que, dans les modifications des mouvemens, elle devient ordinairement un MAXIMUM ou un MINIMUM. On en peut déduire plusieurs propositions de grande conséquence. Elle pourvoit servir à déterminer les courbes que décrivent les corps attirés à un ou plusieurs centres *...

Il y avait peut-être là, en effet, remarque un biographe de Maupertuis, de quoi attribuer à Leibnitz le principe de la moindre action, si toutefois la lettre en question existait réellement2. Il y allait donc de son

1. Appel au public du jugement de l’Académie royale de Berlin (Leyde, 1753), p. 2), 22J. — Acta Eruditorum (Leipilg, 1751), p. 176.

2. Damiron, Mémoires pour servir tt l’histoire de la philosophie du XVIII « sitcle, t. III, p. 72. — Nous avons cherché et Tait chercher

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