REÇU A COUPS DE FOURCHE
placèrent auprès du duc de Grammont, qui lui obtenait presque uussitôt le brevet de médecin aux gardes; et il assistait en cette qualité, à la bataille de Dettingen, au siège de Fribourg, et à Fontenoi où il perdait son protecteur frappé d’un boulet de canon au fort du combat :
Grammont, qui signalait sa noble impatience,
Grammont dans l’Élysée emporte la douleur D'ignorer en mourant si son maître est vainqueur1 * * IV..
Nous citerons une anecdote qui peint bien lalégèreté et l’étourderie du médecin des gardes. C’était au siège de Fribourg : étant à la table d’un des généraux, sans doute à celle de M. de Grammont, il s’avisa de dire, sans se préoccuper des oreilles qui pouvaient recueillir ses propos, qu’il arrivait à lui et à ses confrères de faire des expériences de remèdes sur les domestiques. A quelque temps de là , un palefrenier tombe malade : on envoie chercher le médecin des gardes ; mais il est reçu à coups de fourche par les domestiques de la maison1. Durant cette campagne de Fribourg, La Mcttrie fut attaqué d’une fièvre chaude, dont il réchappa. (l’était déjà quelque chose; mais il devait retirer les plus grands enseignements de cette fièvre, qui, comme on va le voir, était loin de ressembler à celle de la princesse Uranie.
Une maladie est pour un philosophe une école de physique. Il crut s'apercevoir que la faculté de penser n’était qu’une suite de l'organisation de la machine, et que le dérangement
I. Voltaire, OEnvres complétés (BeucliolJ, t. XII, p. 130, 131.
PoFme de Kontenoi.