‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 271 sur 431 · ENQUÊTE · texte numérisé non relu

ENQUÊTE

Pour partir de l’ennemi, l’observation n’en est pas moins fondée, car la question ne devait pas se restreindre à une simple recherche de fraude; et le débat ne tarderait pas à prendre les proportions d’une dispute philosophique que tout le monde serait loin d’entendre également. Maupertuis et son groupe crurent, toutefois, que leur tâche se bornait à convaincre de faux le professeur de la Haye, et ce fut à quoi l’on s’attacha avec une persistance, un zèle, qui allaient dépasser les limites d’une enquête scientifique et se transformer en persécution.

Sur la réponse de Kœnig, qui convenait ingénument qu’il n’avait eu à sa disposition qu’une copie du fragment de Leibnitz, Maupertuis écrivit au marquis de Paulmy, notre ambassadeur en Suisse, pour le prier de faire rechercher à Berne, parmi les papiers de Henzi, cette lettre qu’il avait toutes raisons de supposer fabriquée. Cet Henzi avait été condamné et exécuté pour crime de sédition dans sa patrie ', et il ■pouvait se faire que l’on trouvât, parmi les pièces saisies lors de son procès, cette lettre, l’objet des mortels soucis du président. Mais ce n’était là qu’une possibilité, une probabilité, si l’on veut; et il était excessif, on en conviendra bien, de prétendre que cette lettre eût été gratuitement supposée, par la seule raison qu’elle ne se rencontrait pas au nombre des papiers de Henzi. Il est vrai que les recherches n’en demeurèrent pas là, et que, sur les instances personnelles de Frédéric,

I. C’e«t cet Hemi, très-remarquable figure, poste et révolutionnaire suisse, décapité & Lier ne, le IG juillet t*4U, que Leasing avait choisi pour le héros d'une tragédie laissée inachevée.

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