‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 276 sur 431 · LES HOSTILITÉS COMMENCENT · texte numérisé non relu

LES HOSTILITÉS COMMENCENT

mais encore il soutient qu’il dit leecontaire. Et quelle apparence qu’il ait voulu, dans l’unique but de donner un vernis de plagiat à M. Maupertuis, sacrifier la gloire de Leibnitz, dont on le prétend idolâtre 1 2 !

Ame vivante, s’écrie-t-il dans son Appel, ne croira que sa sublime théorie soit un vol fait à M. de Leibnitz. La gloire lui en est assurée, elle passera à la postérité, jamais Leibnitz n’y prétendra rien. Il est vrai que ce grand homme et quelques autres savans illustres * réclameront au premier jour les deux seules choses qui soient vraies dans cette théorie incomparable ; mais le célèbre académicien aura encore de quoi se consoler à titre d’homme à découvertes ; la plus grande partie, tout ce qui est faux, lui en demeurera.

Kœnig, s’il a contre lui les puissances, n’est pas pour cela isolé et réduit à ses propres forces. 11 a des amis, il a pour lui surtout les ennemis que s’est faits Maupertuis, et ceux-là, par leur nombre, peuvent contrebalancer les soutiens officiels de l’adversaire. Les libelles, les facéties pleuvent sous toutes les formes ; et l’heure est proche, si elle n’a pas sonné, de l’entrée dans la lice d’un terrible jouteur qui, en dépit du masque sous lequel il se cache, se révélait aussitôt par l’habileté de l’attaque et la sûreté des coups. A en croire Voltaire, toute cette querelle lui parvint confusément, comme ces bruits qui nous viennent d’une rive à l’autre. 11 écrivait à sa nièce, à la date du 22 mai : « Je ne suis pas encore bien informé des détails de ce commencement de guerre. Je ne sors point

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