‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 283 sur 431 · EXPÉRIENCES SUR LES CRIMINELS · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES SUR LES CRIMINELS

jouerait la comédie qu’eu latin? «La jeunesse qui viendrait de bien des pays de l’Europe dans cette ville, y apprendrait dans un an plus de latin qu’elle n’en apprend en cinq ou six ans dans les collèges » Il y a là tout un article sur les médecins, qui n’était pas de nature à les gagner et qui ne sera pas le thème le moins fécond à la plaisanterie impitoyable de Voltaire. Mais ce qui dépasse toute idée, c’est ce paragraphe relatif à l’utilité qu’on pourrait tirer du supplice des criminels et aux expériences auxquels ils devraient être soumis pour le grand profit de l’humanité.

Je verrais volontiers la vie des criminels servir à ees opérations, quelque peu qu’il y eût d’espérance d’y réussir : mais je croirois même qu'on pourrait sans scrupules l'exposer pour des connaissances d’une utilité pluséloignée. Peut-être feroil-on bien des découvertes sur cette merveilleuse union de l’ûme et du corps, si l’on osoit en aller chercher les liens dans le cerveau d’un homme vivant. Qu’on ne se laisse pointémouvoir par l'air de cruauté qu’on pourrait croire trouver ici ; un homme n’est rien, comparé à l’espèce humaine ; un criminel est encore moins que rien *.

« Disséquer des cerveaux vivants, s’écrie avec une indignation trop explicable un écrivain de notre temps, pour prendre la pensée sur le fait, cela passe encore la barbarie de ces rois d’Égypte qui livraient au scalpel les criminels condamnés à mort, afin que la médecine pût mieux observer sur le vif le mouvement interne des organes et le jeu des nerfs’. Cette froide et

t. Mauperluis, OEuvres (Lyon, 1868), t. Il, p. 396, 399. Leurs sur le progrès des sciences.

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