‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 284 sur 431 · L’ABBÉ DE SAINT-ELLIER · texte numérisé non relu

L’ABBÉ DE SAINT-ELLIER

cruelle folie, écrite par Maupertuis, méritait à elle seule la Diatribe du docteur Akakia '. » Cela a quelque chose en effet d’ingénument odieux, qui dénote une sécheresse, une dureté de cœur peu communes. Mais, à ce qu’il parait, la curiosité et la cruauté étaient inhéreutes au sang des Maupertuis. Notre président avait un frère, l’abbé de Saint-Ellier, naturaliste et physicien, dont il vantait les connaissances et l’esprit, et qui mutilait les chats pour faire des expériences. La duchesse d' Aiguillon lui disait un jour : « Comment, vous qui aimez les chats, pouvezvous avoir cette cruauté? — Madame, répondit-il, on a des sous-chats pour ces sortes d’épreuves2. »

Si ces lettres, curieuses par cette sorte de dévergondage dogmatique qui semble être le résultat d’une gageure, sont peu dignes par elles -mêmes d’attention, on ne saurait comprendre la plaisanterie de Voltaire, sa moquerie implacable, sans une rapide initiation à ces billevesées scientifiques. Ce que nous venons de dire y aidera un peu, et, nous en serons quitte , le cas échéant, pour joindre le commentaire à l’allusion. Le poète annonçait l’apparition de ces étranges rêveries à madame Denis, à la date du premier octobre : « Au milieu de ces querelles, Maupertuis est devenu tout à fait fou. Vous n’i-

toe homines, a reglbua ex carcere acceptes, vivos Inciderint coneiderarint que, etiamnum spiritu rémanente, ea quæ natura ante clau- •Isset. n C.els., lib. I.

1. Villemain, Tableau de la littérature au XVIII0 tiècle (Didier, 1852), I. II, p. 98,99.

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