RAVISSEMENT DES BERLINOISES
gnorez pas qu’il avait été enchaîné à Montpellier, dans un de ses accès il y a une vingtaine d’années. Son mal lui a repris violemment ; il vient d’imprimer un livre où il prétend qu’on ne peut prouver l’existence de Dieu que par une formule d’algèbre; que chacun peut prédire l’avenir en exaltant son âme ; qu’il faut aller aux terres Australes pour y disséquer des géants hauts de dix pieds, si on veut connaître la nature de l'entendement humain. Tout le livre est dans ce goût. Il l’a lu aux Berlinoises qui le trouvent admirable J. » Mais les caillettes de Berlin n’étaient pas seules à battre des mains. Convaincu ou non, Frédéric écrivait à l’auteur : « J’ai lu vos lettres, qui, malgré vos critiques sont bien faites et profondes ; je vous répète ce que je vous ai dit, metez votre esprit en repos, mon cher Maupertuis, et ne vous sousiez pas du bourdonnement des insectes de l’air. Votre réputation est trop bien établie pour être renversée au premier vent. Vous n’avez à apréhender que la mauvaise santé ’... » L’ilia Voltaire fait également allusion à un séjour forcé de Maupertuis à Montpellier, dans VAkakia, OEuvretcomplêles (Beuchotj, t. XXXIX, p. 478.
2. Vollaire, Œuvre t completel (Beuchot.), I. LVI, p. 189, 190 Lettre de Voltaire à madame Denis ; i l’otsdaui , ce 1 *r octobre
3. Cabinet de M, Feuillet de Conciles. lettres originales du grand Frédéric 4 Maupertuis, t. 1, n° 66. Lettre du 5 novembre 17 52. C’est ici le lieu de relever une assertion erronée du dernier éditeur de Frédéric. « il est aasex singulier cependant, remarque M. Preuss, que le roi n'ait pas eu avec Maupertuis de correspondance véritablement amicale, familière ou littéraire; la plupart des lettres que nous avons lues se rapportent à l'administration de l’Académie ou à d’autres affaires semblables, et n’abordent jamais les sujets qui pourraient offrir un intérêt plus général. > OEuvres de Frédéric le Grand, t. XVII, p. 15. Avertissement de l'éditeur. Il existe, en réalité.